Chili – Contestation d’un appel d’offres d’exploitation de lithium
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ChiliContestation d’un appel d’offres d’exploitation de lithium

Le président de droite Sebastian Piñera a lancé en octobre un appel d’offres contesté pour l’exploitation privée de réserves de lithium.

Les lots mis en concurrence correspondent à 4% des réserves estimées du Chili, qui détient 57% des réserves mondiales. (Image d’illustration)

Les lots mis en concurrence correspondent à 4% des réserves estimées du Chili, qui détient 57% des réserves mondiales. (Image d’illustration)

AFP

Des manifestants contestaient vendredi soir au Chili l’appel d’offres du gouvernement pour l’exploitation privée de réserves de lithium, qui ravive le débat sur la nationalisation des ressources naturelles avant l’installation du président de gauche élu, Gabriel Boric.

Les lots mis en concurrence correspondent à 4% des réserves estimées du Chili, qui détient 57% des réserves mondiales, selon le cabinet Statista. Les attributions seront connues le 14 janvier. «Soit on laisse le lithium dans le sol, soit on l’extrait au profit de tous les Chiliens», a déclaré vendredi le président de droite Sebastian Piñera pour justifier l’appel d’offres lancé en octobre, deux mois avant les élections remportées haut la main par Gabriel Boric.

«Le Chili était jusqu’en 2016 le premier producteur mondial de lithium avec 37% du marché et nous avons reculé (avec 32% en 2020) pour être dépassé par l’Australie», qui possède 19% des réserves mondiales, a argumenté son ministre des Mines, Juan Carlos Jobet.

Mais sous le slogan «Récupérons nos ressources», l’opposition a demandé devant les tribunaux la suspension de l’appel d’offres, rejeté vendredi par la Cour d’appel de Santiago car hors délai, et appelé à manifester dans tout le pays. Vendredi soir à Santiago, des manifestants scandaient: «Piñera, comprends que le lithium n’est pas à vendre».

Demande mondiale en augmentation

Gabriel Boric, qui succédera le 11 mars à Sebastian Piñera, propose dans son programme la création d’une «société nationale du lithium», à l’instar de l’entreprise publique Codelco, nationalisée en 1971 et aujourd’hui première productrice mondiale de cuivre.

Le Chili ne peut à nouveau commettre «l’erreur historique de privatiser des ressources» telles que le lithium, a-t-il dit. L’appel d’offres vise à attribuer en cinq lots l’exploitation de 400’000 tonnes de lithium pour une durée de sept ans consacrée à l’exploration suivie de 20 ans supplémentaires pour l’exploitation.

La Commission chilienne du cuivre (Cochilco), un organisme public, estime que la demande mondiale de lithium, essentiellement pour la production de batteries électriques, augmentera de 21% d’ici 2030. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’estime à 42% d’ici 2040. La Cochilco considère que «le segment des véhicules électriques passera de 41% de la consommation globale de lithium en 2020 à 73% en 2030».

(AFP)

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