Crise en Syrie: Contestation et répression se poursuivent
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Crise en SyrieContestation et répression se poursuivent

Les forces de sécurité ont tiré vendredi sur des milliers de manifestants dans différentes villes de Syrie, faisant au moins douze morts.

«Cinq personnes ont été tuées à Homs (centre), deux à Harasta (banlieue nord de Damas) et deux à Deir Ezzor (est) lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants», a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel Rahmane. Selon lui, les manifestants étaient au nombre d'environ 5000 à Homs.

En outre, «deux personnes ont été tuées à Dael (région de Deraa, sud) et une à Douma (15 km au nord de Damas) par des tirs des forces de sécurité sur les manifestants», ont pour leur part indiqué des militants ayant requis l'anonymat.

«Il y a eu des tirs nourris pour disperser deux manifestations à Banias (ouest)», selon M. Abdel Rahmane qui évoque un nombre indéterminé de «victimes».

Dans de nombreuses villes

Selon lui, des rassemblements ont également eu lieu dans la région de Damas, de Deraa, au sud et dans la ville de Sarakeb au nord-ouest de la Syrie. Des manifestations se aussi déroulées dans six autres localités, dont Lattaquié, à l'ouest du pays.

Comme chaque vendredi, les militants pro-démocratie étaient mobilisés en cette journée dédiée cette fois à un héros de la révolte syrienne contre le mandat français (1920-1946), Saleh al-Ali.

L'agence officielle syrienne Sana a elle fait état de «trois policiers blessés» par des «hommes armés» dans le quartier de Qaboune à Damas, tandis que «d'autres» ont été blessés à Homs. Elle a par ailleurs évoqué des «rassemblements» dans plusieurs villes, dont Damas, Hama et Deir Ezzor. Il est rare que l'agence syrienne évoque ces manifestations.

L'exode se poursuit

Entre-temps, des milliers de Syriens ont continué de fuir le nord- ouest du pays vers la frontière turque voisine. Au total depuis le 15 mars, près de 10'000 Syriens ont trouvé refuge en Turquie.

L'actrice américaine Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), a rencontré à la frontière des réfugiés qui scandaient «A bas le régime syrien!» dans le camp d'Altinözü, dans le sud de la Turquie.

Dans le Nord, l'armée encercle toujours les villes de Khan Sheikhoun et de Maarat al Noumaan, sur la route Damas-Alep, cinq jours après l'occupation par les soldats de la ville rebelle de Jisr al Choghour.

Appel de Ban Ki-moon

Ban Ki-moon a appelé Damas à «arrêter de tuer des gens», alors que la répression a fait plus de 1200 morts et entraîné l'arrestation de quelque 10'000 autres.

La France et l'Allemagne ont plaidé vendredi «pour un renforcement des sanctions (contre Damas) qui conduit une répression intolérable et inadmissible à l'endroit de la population», a déclaré Nicolas Sarkozy à Berlin en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel.

L'Union européenne et les Etats-Unis déploient des efforts accrus pour isoler le régime syrien et le condamner à l'ONU, mais ils se heurtent toujours à l'opposition des poids lourds chinois et russe.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'est entretenue vendredi par téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov au sujet du projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, a annoncé son ministère qui n'a voulu préciser la tenue des discussions.

Un proche du président devenu généreux

Parallèlement et dans un développement inattendu, le puissant homme d'affaires Rami Makhlouf, cousin du président, a annoncé jeudi soir qu'il ferait don d'une partie de sa fortune à des oeuvres de charité et qu'il souhaitait désormais se «dévouer au travail humanitaire».

M. Makhlouf, qui détient 40% du capital de Syriatel, le plus important opérateur de téléphonie mobile en Syrie, a affirmé que «les profits des actions» qu'il y possède «seront reversés à des oeuvres humanitaires et de charité, ainsi qu'à des projets de développement» pour le pays. (ats)

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