Procès Concorde: Continental jugée pénalement responsable
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Procès ConcordeContinental jugée pénalement responsable

La justice française a reconnu Continental Airlines pénalement responsable dans l'accident du Concorde d'Air France, accident provoqué par une lamelle perdue par un avion de la compagnie.

La compagnie française était l'exploitante du Concorde qui s'est écrasé le 25 juillet 2000 à Gonesse, près de Paris. Le tribunal correctionnel de Pontoise lui a accordé 500.000 euros de dommages pour «préjudice moral» et 500.000 pour «atteinte à l'image». Il n'a pas retenu le préjudice de «dénigrement».

La compagnie américaine avait auparavant été condamnée au pénal à 200.000 euros d'amende pour sa responsabilité dans le crash, provoqué par une lamelle perdue par un de ses avions, qui avait fait éclater un pneu du supersonique au décollage de Roissy.

15 millions réclamés

Lors du procès, de février à mai, Air France avait réclamé 15 millions d'euros de dommages et intérêts à sa concurrente, au titre notamment de l'atteinte à son image et pour «dénigrement».

Durant le procès, la défense de Continental Airlines avait en effet vivement mis en cause la maintenance des Concorde par Air France et la préparation du vol en question.

L'indemnisation du préjudice économique de la compagnie française fait l'objet d'une action séparée devant le tribunal de commerce de Pontoise, qui a sursis à statuer jusqu'à la fin de la procédure pénale.

Appel annoncé

La compagnie américaine Continental Airlines va faire appel de sa condamnation lundi par la justice française dans le procès du crash du Concorde d'Air France en 2000, a annoncé son avocat. Elle dénonce une décision «qui protège uniquement les intérêts français».

Le tribunal de Pontoise (Val-d'Oise) a jugé Continental Airlines coupable d'homicides et de blessures involontaires. Il retient des problèmes de maintenance des appareils de la compagnie aérienne américaine et d'organisation, qui ont entraîné des erreurs techniques de son mécanicien John Taylor.

Il s'agit du mécanicien qui a monté sur un avion de sa compagnie la fameuse lamelle. Durant tout le procès, Continental a nié qu'un de ses avions ait pu déclencher l'accident en perdant une lamelle sur la piste de décollage du Concorde. Selon elle, le Concorde a pris feu avant de rouler sur la lamelle incriminée.

Dizaines de millions

Après trois mois et demi de procès au printemps dernier, l'accusation avait requis des peines de 18 mois de prison avec sursis contre le mécanicien de la compagnie et son chef. Cela pourrait entraîner pour Continental une facture de dommages et intérêts de dizaines de millions d'euros.

Le tribunal avait auparavant estimé qu'aucune faute pénale ne pouvait être retenue contre trois responsables de l'aéronautique française.

Fin du Concorde

Le 25 juillet 2000, un Concorde d'Air France s'écrasait au nord de Paris quelques minutes après son décollage, provoquant la mort de ses 100 passagers, pour la plupart allemands, des neuf membres de l'équipage et de quatre personnes au sol.

L'accident avait mis un terme prématuré à la carrière de ce supersonique mythique, avion le plus rapide de l'histoire de l'aviation commerciale, qui reliait Paris à New York en trois heures à 2.400 km/h. Il a volé pour la dernière fois en octobre 2003, après 27 ans de vols essentiellement transatlantiques. (afp)

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