Contre la fermeture immédiate de Mühleberg
Actualisé

Contre la fermeture immédiate de Mühleberg

En prévision de la votation du 18 mai dans le canton de Berne, un comité bourgeois s'est déclaré jeudi opposé à l'initiative cantonale «Mühleberg à l'arrêt», qui exige l'arrêt immédiat de la centrale nucléaire.

Lors d'une conférence de presse à Berne, les adversaires de l'initiative ont qualifié celle-ci de coûteuse et inutile. L'acceptation du texte ne peut pas accélérer la fermeture définitive du site, prévue en 2019 par les Forces motrices bernoises (FMB), a indiqué Mathias Kohler, député du Parti bourgeois démocratique (PBD) au Grand Conseil.

Une centrale nucléaire ne peut être mise hors service en un tournemain, a ajouté Anne-Caroline Graber, députée UDC. «Nous serions bien inspirés de nous accorder le temps nécessaire à la réalisation de l'opération», a-t-elle déclaré. En cas d'acceptation de l'initiative, le comité redoute que les actionnaires des FMB n'engagent une procédure en dédommagement.

Le droit des actionnaires stipule que le conseil d'administration des FMB agit dans l'intérêt des détenteurs de parts à l'exploitation de la centrale. Cette prérogative disparaîtrait si l'initiative devait être acceptée, a estimé le comité. Selon lui, des dédommagements à hauteur de centaines de millions de francs pourraient être exigés du canton de Berne, lequel ne pourrait faire face à la dette du fait de sa situation financière précaire.

Alternative peu crédible

De son côté, le député radical Adrian Haas a indiqué que l'élaboration de solutions faisant appel aux énergies renouvelables prenait du temps. L'énergie électrique manquante devrait être importée de pays européens moins regardants que la Suisse en terme de respect de l'environnement.

Le comité d'opposition à l'initiative inclut des membres des partis bourgeois ainsi que des représentants des milieux de l'industrie, du commerce et des propriétaires immobiliers. Les adversaires de l'initiative disposent d'un budget de 200'000 francs pour faire campagne, alimenté essentiellement par les milieux de l'économie.

Campagne lancée

Mercredi, les auteurs de l'initiative avaient lancé la campagne en faveur du «oui» à la fermeture immédiate de la centrale de Mühleberg, située aux portes de la ville de Berne. En plus de l'état d'obsolescence du site, ils ont rappelé la fissure constatée sur l'un des plus anciens réacteurs nucléaires encore en service dans le monde.

Les partisans de l'initiative mettent en doute également la promesse des FMB de fermer les installations à titre définitif en 2019. Selon eux, les déclarations du Conseil fédéral à ce sujet ne permettent pas de croire à un engagement ferme de la part de la compagnie productrice et distributrice d'énergie. (ats)

Ton opinion