Actualisé 10.03.2019 à 19:08

Ukraine

Convoi présidentiel pris à partie par l'extrême droite

Des échauffourées entre la police ukrainienne et des ultranationalistes ont fait 25 blessés parmi les forces de l'ordre samedi.

Vingt-cinq policiers ont été blessés en Ukraine samedi lors de heurts avec des ultranationalistes qui ont notamment tenté d'attaquer le convoi présidentiel dans une ville où le président ukrainien Petro Porochenko, qui brigue un deuxième mandat fin mars, prononçait un discours, a indiqué dimanche la police.

«Violences contre les forces de l'ordre»

Dix-neuf policiers ont été hospitalisés à Tcherkassy, à quelque 150 km au sud-est de Kiev, où des partisans du parti d'extrême droite Corps national ont tenté de bloquer le cortège du président Porochenko en accusant le gouvernement de corruption.

Un journaliste russe critique du Kremlin abattu à Kiev

Des policiers montent la garde devant l'entrée de la résidence du journaliste et écrivain russe virulent critique du Kremlin, Arkadi Babtchenko, tué par balle à Kiev où il s'était exilé, se disant menacé après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine.

Trois policiers, dont un a été hospitalisé avec des brûlures aux yeux, ont également été blessés dans des affrontements avec des militants du même mouvement à Kiev près des bureaux de la présidence.

Le porte-parole de la police Iaroslav Trakalo a indiqué à l'AFP que deux enquêtes avaient été ouvertes sur les heurts qui ont eu lieu à Kiev et à Tcherkassy.

Dimanche, le ministère de l'Intérieur ukrainien a annoncé l'arrestation à Tcherkassy de deux personnes suspectées de «violences contre les forces de l'ordre» et de «hooliganisme».

Contacté par l'AFP, le parti d'extrême droite Corps national a confirmé qu'il s'agissait de deux membres du groupe.

Une vidéo de la police tournée à Tcherkassy montre une foule d'hommes, certains masqués, qui entourent le convoi présidentiel. Certains grimpent sur les toits et ouvrent les portières des voitures, frappant des policiers.

«Soulever le problème de la corruption»

Les rues ont été envahies par la fumée lorsque les protestataires, qui criaient des obcénités, ont allumé des feux. «Qui protégez-vous, ces salauds qui ont dévasté l'armée ukrainienne?», s'exclame un protestataire.

Le porte-parole du Corps national Oleksandr Alfyorov a confirmé à l'AFP qu'un groupe de militants ont été impliqués dans les échauffourées dans les deux villes. Il a accusé la police d'avoir bloqué les rues pour empêcher le public d'accéder à la place où le président Porochenko prononçait un discours.

Les protestataires voulaient «soulever le problème de la corruption au sein de notre gouvernement», y compris le détournement de fonds publics dans l'armée.

M. Porochenko est l'un des principaux candidats à la présidentielle dont le premier tour aura lieu le 31 mars. Il a été récemment accusé par ses adversaires d'avoir fermé les yeux sur une affaire de détournement de fonds dans l'armée. Au début du mois, il a limogé un proche haut placé dans les instances de sécurité de son pays, impliqué dans ce scandale.

Il s'était rendu samedi à Tcherkassy pour un hommage au poète Taras Chevtchenko, grande figure littéraire ukrainienne du XIXe siècle, et rencontrer la population locale. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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