Déprédations de hooligans: Convois spéciaux de fans: le ras-le-bol des CFF
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Déprédations de hooligansConvois spéciaux de fans: le ras-le-bol des CFF

Les CFF sont seuls à assumer les coûts des déprédations lors des transports spéciaux de supporters.

par
Loïs Siggen Lopez

Un convoi spécial rempli de Valaisans de passage dans la gare de Neuchâtel le dimanche 29 mai.

«Ce sont les clubs de football qui doivent prendre la responsabilité du transport de leurs supporters», explique Frédéric Revaz, porte-parole des CFF, à «20 minutes». «Aujourd'hui, l'ex-régie fédérale est seule à assurer et assumer cette responsabilité.» En clair: c'est elle qui passe à la caisse.

Une situation qui a un coût. A l'occasion de la finale de la Coupe de Suisse, dimanche, un des cinq trains spéciaux a été vandalisé. Extincteur vidé, vitres cassées, lampes détruites. D'après le porte-parole, «il y en a pour plusieurs dizaines de milliers de francs de dégâts. On ne peut plus tolérer ce genre de débordement.» Du côté de l'Association suisse de football, on déclare: «Nous allons bientôt discuter de cette problématique avec les clubs et les autorités. Mais cela s'annonce difficile.»

Pour les CFF, la priorité reste de concentrer les supporters dans un seul train. «Avec nos expériences, on sait que mélanger les ultras dans des trains réguliers pose beaucoup de problèmes à nos utilisateurs. Les trains spéciaux visent à épargner les clients des trains réguliers.» Méthode qui ne fonctionne pas toujours à l'extérieur du wagon: une femme a été blessée à cause d'un projectile au passage de l'un de ces trains, dimanche, en gare de Lausanne.

Le modèle hollandais semble bien loin. «Aux Pays-Bas, les clubs sont responsables du transport de leurs supporters. Ils utilisent les entreprises de transport comme un prestataire de service», explique Frédéric Revaz. Pour Christian Constantin, c'est une question de rapport entre risques et bénéfices. «On est prêt à assumer, si on paye un forfait pour le train et si on contrôle l'affrètement. A partir du moment où le train est affrété par les CFF, ils doivent en assumer les risques. C'est eux qui touchent les bénéfices», explique le président du FC Sion.

En ce qui concerne les incidents de dimanche, les CFF ont porté plainte pour déprédations et vandalisme contre inconnu. Et les prochains matchs? «Pour chaque événement, il y a un point de la situation, précise le porte-parole. On adapte le dispositif de sécurité au cas par cas.» Le coût des déprédations de hooligans dans les trains l'an dernier s'élève à trois millions de francs suisses.

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