Climat: COP21: projet d'accord soumis aux 195 pays

Actualisé

ClimatCOP21: projet d'accord soumis aux 195 pays

Ce texte, qui a obtenu l'aval des Etats-Unis, a pu voir le jour comme espéré, à deux jours de l'échéance pour un pacte mondial contre le réchauffement de la planète.

1 / 80
Quelque 200 pays, dont la Suisse, se retrouvent lundi à Bonn pour avancer vers la mise en oeuvre de l'accord de Paris. (Dimanche 29 avril 2018)

Quelque 200 pays, dont la Suisse, se retrouvent lundi à Bonn pour avancer vers la mise en oeuvre de l'accord de Paris. (Dimanche 29 avril 2018)

AFP
Selon le secrétaire général de l'ONU, grâce aux efforts des villes et des Etats, les USA sont en bonne voie d'honorer les objectifs de la COP21. (Jeudi 29 mars 2018)

Selon le secrétaire général de l'ONU, grâce aux efforts des villes et des Etats, les USA sont en bonne voie d'honorer les objectifs de la COP21. (Jeudi 29 mars 2018)

Keystone
«Nous sommes heureux du succès de notre réunion» et de la réaffirmation que «l'accord de Paris est irréversible et non négociable», a déclaré la ministre canadienne du changement climatique, malgré le volte-face de Washington, samedi.

«Nous sommes heureux du succès de notre réunion» et de la réaffirmation que «l'accord de Paris est irréversible et non négociable», a déclaré la ministre canadienne du changement climatique, malgré le volte-face de Washington, samedi.

AFP

Laurent Fabius a remis mercredi aux 195 pays participant à la conférence de Paris sur le climat un projet d'accord en progrès par rapport aux précédentes versions. Ce texte ne règle toutefois toujours pas les trois principaux points au coeur de la négociation.

«Le texte s'efforce de refléter les compromis naissants», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, en présentant le nouveau document en séance plénière. Le but est «de nous permettre d'avoir une vision d'ensemble des progrès et de nous concentrer sur les questions politiques encore à régler».

Le texte a été ramené de 43 à 29 pages et les «trois quarts des points entre crochets», c'est-à-dire non résolus, ont été supprimés, a précisé le chef de la diplomatie française.

Nuits de négociations

Les équipes de la présidence française et les ministres facilitateurs ayant dirigé les groupes de travail thématiques depuis dimanche soir ont travaillé dans la nuit pour produire le document. La Suisse joue les facilitatrices dans le domaine des forêts, avec l'Equateur et la République démocratique du Congo (RDC).

«Nous avons progressé, mais il reste encore pas mal de travail», a résumé M. Fabius, qui compte toujours sur une adoption finale de l'accord vendredi à 18h00. «Il faut vous préparer à travailler cette nuit et demain», a-t-il prévenu.

Critiques d'ONG

Les ONG ont accueilli le texte par des réactions prudentes, estimant qu'il comprenait «des options très ambitieuses et d'autres qui le sont beaucoup moins». «L'ambition finale de l'accord de Paris est encore entre crochets», a expliqué le porte-parole de la fondation de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin.

En fin d'après-midi, environ 500 représentants de la société civile et d'ONG venus du monde entier, souvent très jeunes, ont manifesté dans le hall principal de la «zone bleue» pour protester contre un manque d'ambition présumé des négociateurs. Ils brandissaient des pancartes demandant la «justice climatique» ou plaidant pour un réchauffement limité à 1,5°.

Oxfam a jugé le moment «critique car il ne reste plus que 24 heures aux ministres pour abattre leurs cartes et faire preuve de plus d'ambition».

«C'est un texte intermédiaire, un texte martyr, qui va souffrir, sur lequel on va passer toute la nuit, et on verra demain quel autre texte on va pouvoir produire», a de son côté déclaré Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique.

Quelle ambition?

Laurent Fabius a précisé que restaient notamment à trancher les points relatifs à la «différenciation» (la modulation des efforts demandés aux pays selon leur niveau de développement), aux questions financières et au «niveau d'ambition» de l'accord. Ces trois volets sont depuis le début des négociations les plus difficiles à résoudre, tant ils se heurtent à nombre d'intérêts contradictoires.

En matière d'ambition, la nouvelle mouture, bien que nettement plus ramassée que les précédentes, réintroduit même trois options concernant l'objectif de réchauffement climatique. La première stipule que les signataires s'engagent à contenir ce réchauffement «sous 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels» d'ici la fin du siècle.

Dans la deuxième, il s'agit de maintenir la hausse de température «bien en dessous de 2°C», en reconnaissant les risques encourus par certaines régions au-dessus de 1,5°C et en préconisant des efforts supplémentaires. La troisième reprend l'objectif de 1,5°C demandé par les pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques.

Thoriq Ibrahim, ministre de l'Environnement des Maldives et porte-parole des petits Etats insulaires, fortement exposés aux effets du changement climatique, a exhorté les ministres à prendre maintenant «des décisions difficiles».

Doublement de l'aide américaine

Autre sujet majeur de friction: l'aide financière aux pays du Sud pour faire face au réchauffement dont ils sont les premières victimes.

Soucieux d'apporter une réponse à cette question qui pourrait bloquer les discussions, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé mercredi le doublement de l'aide américaine d'ici 2020 pour l'adaptation des pays au dérèglement climatique. En 2014, cette aide s'est élevée à 430 millions de dollars.

Il a également annoncé que les Etats-Unis se joignait à l'UE et à 79 pays en voie de développement pour faire pression ensemble en vue de la conclusion d'un accord «ambitieux». (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion