Actualisé 15.12.2019 à 16:12

COP25Accord minimal trouvé à la COP25

Après de longues négociations, les quelque 200 pays signataires de l'Accord de Paris ont finalement adopté un accord minimal à la COP25.

Les quelque 200 pays signataires de l'Accord de Paris ont évité un naufrage de cette Conférence de l'ONU sur le climat, en signant un accord minimal.

Mais c'est un accord peu ambitieux qui a été arraché en séance publique à Madrid. Les Etats ont notamment échoué à avancer quant aux règles de mise en oeuvre de l'article 6 de l'accord de Paris sur les mécanismes de marché de crédit carbone. Ces négociations sont donc reportées à la COP26, l'an prochain à Glasgow.

Aussi techniques qu'elles soient, ces modalités de mise en oeuvre sont essentielles car des marchés reposant sur des règles trop floues ou trop laxistes pourraient saper l'ensemble de l'accord de Paris, dont l'objectif est de contenir la hausse du mercure bien en-deça de 2 degrés et si possible à 1,5 degré.

Records de durée

Malgré deux nuits consécutives de négociations intenses, il s'est avéré impossible de dégager une position acceptable par tout le monde, comme ce fut déjà le cas l'an passé à Katowice. La COP25, qui avait débuté le 2 décembre et devait se terminer vendredi, a d'ailleurs battu des records de durée. Elle évite finalement le naufrage de justesse.

Schématiquement, les mécanismes de marché permettent notamment à un pays A d'acheter des crédits carbone découlant d'un projet de réduction d'émissions de CO2 dans un pays B et de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs climatiques.

Les Etats les plus soucieux de l'intégrité de l'accord de Paris et l'Union européenne entendaient mettre en place une architecture solide qui permette d'éviter les doubles comptages (qui verraient à la fois le pays A et le pays B comptabiliser les crédits carbone liés au même projet, ce que défend presque seul contre tous le Brésil) et contribue in fine à augmenter les efforts, tout en réduisant leurs coûts, de réduction des émissions de CO2.

Regrets pour la délégation suisse

La Suisse «regrette» qu'aucune règle relative aux mécanismes de marché permettant d'exclure un double comptage des réductions d'émissions réalisées à l'étranger n'ait pu être adoptée à la COP25 de Madrid. Berne entend s'engager, avec d'autres Etats partenaires, en faveur d'une réglementation du marché «ambitieuse».

«Durant la COP25, la Suisse s'est engagée en faveur de l'établissement de règles concrètes, permettant de garantir une mise en oeuvre efficace de l'Accord de Paris», affirme le négociateur suisse Franz Perrez, cité dans un communiqué de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Berne a notamment exigé que les réductions d'émissions réalisées à l'étranger ne puissent plus être comptabilisées à la fois dans le pays à l'origine d'un projet de réduction et dans le pays dans lequel le projet est réalisé, car cela affaiblirait l'accord et donc son efficacité.

Regards tournés vers la COP26

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 Etats partie respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C.

Alors pour tenter de réduire cet écart, tous les Etats doivent soumettre d'ici la COP26 à Glasgow l'année prochaine une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions. Mais les deux semaines de discussions ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d'ambition.

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Ni les Etats-Unis - qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain - ni la Chine et l'Inde. Ces deux grandes économies insistent sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d'aides financières aux pays en développement. (nxp/ats)

Déception de Guterres

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit «déçu» dimanche par la COP 25, regrettant «une importante occasion ratée» après l'adoption par la conférence d'un accord a minima sur le climat.

«La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande, en matière d'atténuation, d'adaptation et de financement face à la crise climatique», a-t-il déploré. «Nous ne devons pas abandonner», a-t-il ajouté.

Une conférence de l'ONU pour rien

Greenpeace n'est pas tendre avec les négociateurs de la COP25 sur le climat à Madrid. C'est un échec, une conférence de l'ONU pour rien, a réagi l'ONG dans un communiqué.

«Malgré des mobilisations sans précédent de la part de la société civile et un constat scientifique très clair, la communauté internationale, et avec elle la Suisse, échoue à aller de l'avant à la COP25 de Madrid», écrit Greenpeace Suisse. «On ne sait toujours pas si et comment les pays vont combler l'énorme écart par rapport à l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C», s'inquiète l'ONG.

«Rarement l'emprise du secteur des énergies fossiles n'a été aussi visible que lors de cette COP25. Les belles intentions ne suffiront pas pour sortir de la crise climatique», critique l'organisation. «Les lacunes des règles d'application de l'Accord de Paris ne sont pas réglées», constate-t-elle.

(NewsXpress)

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