Corée du Nord: c'est la guerre!

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Corée du Nord: c'est la guerre!

Soupçonné de préparer un nouvel essai nucléaire, Pyongyang a averti mardi qu'elle tenait pour une «déclaration de guerre» les sanctions votées par l'ONU.

Washington presse de son côté Séoul et Pékin d'appliquer sans faille ces mesures.

Dans la première réaction de Pyongyang après la résolution onusienne, un porte-parole des Affaires étrangères indique: «il va sans dire que la résolution ... ne peut être interprétée autrement que comme une déclaration de guerre contre la République populaire démocratique de Corée car elle s'est fondée sur le scénario selon lequel les Etats-Unis tiennent à anéantir le système socialiste à la coréenne centré sur les masses populaires».

Cette nouvelle déclaration belliqueuse a suscité un avertissement d'une rapidité surprenante de la part de la Chine, pourtant fidèle alliée du régime nord-coréen. «Le plus important maintenant est que toutes les parties concernées s'abstiennent de faire quoi que ce soit qui puisse aggraver les tensions», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois.

La Corée du Sud a elle minimisé le communiqué. «Il s'agit de la rhétorique qu'ils ont l'habitude d'employer», a déclaré Chun Yung- woo, négociateur sud-coréen en chef sur le nucléaire nord-coréen.

Inspections en cause

Pyongyang a de plus averti qu'il «infligerait des coups implacables, et sans hésiter, à quiconque tenterait de violer sa souveraineté ... sous le prétexte de mettre en oeuvre la résolution du Conseil de sécurité», selon l'agence officielle KCNA.

L'allusion vise clairement «l'inspection de toutes les cargaisons à destination ou en provenance de Corée du Nord» exigée par l'ONU afin de vérifier si elles ne contiennent pas des matériels liés à des armes des destruction massive. Cette clause a suscité les craintes de Pékin et Séoul, qui évoquent des risques de conflit à grande échelle.

Mardi, Pékin a affirmé qu'il allait appliquer «sérieusement» la résolution mais a averti qu'il tiendrait compte de ses «règles commerciales et de ses lois nationales». A Séoul, le Premier ministre russe Mikhaïl Fradkov et son homologue sud-coréen, Mme Han Myeong-sook, ont appelé quant à eux à l'application «totale» de la résolution onusienne.

Activités suspectes

Le communiqué de Pyongyang intervient au moment où des activités suspectes détectées en Corée du Nord ont relancé les craintes d'un nouvel essai nucléaire. «J'ai reçu des informations à ce sujet, mais je ne peux pas révéler les détails», a déclaré le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Aso.

A Séoul, un responsable gouvernemental a indiqué que la Corée du Sud se préparait à l'éventualité d'un nouvel essai mais que les autorités n'étaient pas encore en mesure de «confirmer des signes définitifs de l'imminence d'un essai».

La Maison Blanche a de son côté jugé «raisonnable» de s'y préparer mais a prévenu le régime communiste que cela ne serait pas «une bonne chose» pour lui. A Moscou, le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a dit ne «pas exclure» un deuxième essai. Pékin a refusé de commenter.

Offensive diplomatique

Le négociateur américain sur le nucléaire nord-coréen, Christopher Hill, est arrivé mardi à Séoul afin de préparer une rencontre jeudi dans la capitale sud-coréenne entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et les ministres japonais des Affaires étrangères Taro Aso et sud-coréen Ban Ki-moon, prochain secrétaire général de l'ONU.

Cette rencontre vise à assurer la mise en oeuvre effective des sanctions de l'ONU. «La Corée du Nord va payer très, très cher ce genre de comportement irresponsable», a déclaré l'émissaire. Mme Rice est de son côté arrivée mardi à Tokyo, première étape d'une tournée asiatique qui doit aussi la mener à Pékin et Moscou.

(ats)

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