Actualisé 07.04.2020 à 18:24

Vaud

Coronavirus: coach sportif indépendant KO

Pendant quatre ans, Jérôme Vincent a travaillé d'arrache-pied pour mettre en place une salle de coaching sportif. Alors qu'il commençait à sortir la tête de l'eau, la pandémie est survenue...

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«Je ne connais pas beaucoup de personnes aussi bosseuses que lui. Sa salle de coaching sportif personnalisé commençait enfin à tourner. Au moment où il apercevait enfin le fruit de ses efforts, le virus est venu. C'est vraiment mal fait.» C'est avec le cœur lourd que Delphine évoque le cas de son pote Jérôme Vincent. Ce jeune de 30 ans avait une salle de coaching sportif à Bussigny (VD) depuis quatre ans. Depuis que la pandémie du Covid-19 s'est installée et que le Conseil fédéral a édicté des mesures pour éviter sa propagation, le jeune Vaudois conjugue son activité au passé. «Du jour au lendemain,j'ai dû fermer ma salle de sport et je ne peux plus faire des cours privés à domicile», rappelle Jérôme Vincent. «J'ai une femme et un enfant de 2 ans. Mes charges mensuelles fixes sont de 6000 fr. Personne ne sait quand le prêt sans intérêt que proposent les autorités aux indépendants va arriver. Mais pour moi, c'est une mauvaise solution car le remboursement sera compliqué», analyse-t-il.

Une décision radicale

Après mûre réflexion, en tenant compte de la totale incertitude sur la durée de la pandémie et des mesures de semi-confinement qui l'accompagnent ainsi que des éventuelles mesures compensatoires qu'il trouve dérisoires, Jérôme Vincent a pris une décision radicale. «C'est la mort dans l'âme que j'ai revendu l'ensemble des équipements de ma salle pour faire vivre ma famille. Je vais me recycler dans une autre activité», analyse-t-il.

Les petits indépendants, maillon faible de la chaîne

Moins que la faillite soudaine et brutale, c'est le contexte dans lequel ça a eu lieu qui fait mal au sportif. «Pendant quatre ans, j'ai remboursé l'investissement de 100'000 qui m'a permis de me lancer en tant qu'indépendant. Au moment où je commençais enfin à mettre un peu d'argent de côté, bam! Il y a eu le coronavirus», se désole-t-il. «Nous, les indépendants, sommes les maillons faibles de la chaîne», conclut, désabusé, Jérôme Vincent.

«Je survis grâce à un ami»

Philippe Jung, indépendant actif dans la photographie et la radio numérique, vit une situation aussi catastrophique que celle de Jérôme Vincent. «J'ai 56 ans et un enfant en bas âge.Actuellement, je survis grâce à un ami qui me veut du bien. Je veux vendre ma radio pour survivre mais pour l'instant, je ne trouve aucun acquéreur», estime le fondateur de Photo People et Radio People. Cet habitant de Sainte-Croix (VD) avait déjà diversifié ses activités bien avant la crise. «Je suis DJ et je fais aussi des animations dans les magasins et centres commerciaux. Tout ça, c'est fini. Maintenant, soit les petits indépendants reçoivent de l'aide, soit on crève la bouche ouverte.»

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