Actualisé 22.03.2020 à 16:35

Vaud

Coronavirus: «Et pour finir, j'ai fait un burn-out»

Une mère célibataire de 34 ans n'avait pas de solution de garde pour son fils de 13 mois alors que son patron réclamait sa présence au boulot. Elle a fini par craquer.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Par peur de perdre son emploi de secrétaire, une mère lausannoise a remué ciel et terre pour trouver une solution de garde. Mais pour les structures d'accueil des enfants, sa profession ne fait pas partie de celles engagées dans la lutte contre le coronavirus.

Par peur de perdre son emploi de secrétaire, une mère lausannoise a remué ciel et terre pour trouver une solution de garde. Mais pour les structures d'accueil des enfants, sa profession ne fait pas partie de celles engagées dans la lutte contre le coronavirus.

Taraudée par l'absence de solution de garde pour son bébé âgé de 13 mois et mise sous pression par son patron qui exigeait sa présence au boulot, Nadia* a vu le sommeil déserter son lit. La secrétaire lausannoise de 34 ans s'est heurtée à plusieurs obstacles ces derniers jours. «Le père de mon fils, explique la jeune maman, ainsi que les grands-parents font partie de la population à risque par rapport au coronavirus. La garderie n'accepte que les enfants dont les parents sont mobilisés dans la lutte contre la pandémie. Mon patron ne veut pas entendre parler de home-office et m'a fixé un ultimatum à jeudi matin.»

De peur de perdre son poste de secrétaire dans une société de nettoyage, Nadia a appelé le père de son fils à la rescousse, mercredi soir. «Bien que malade, il a accepté de venir dormir chez moi pour garder notre fils car je devais être au travail dès 7h45», a fait remarquer Nadia.

Le patron à la maison, la secrétaire au bureau

La Lausannoise admet qu'elle était sur les nerfs à son arrivée au bureau. «J'ai toujours cru que le capitaine était le dernier à quitter le navire. Le patron, lui, était évidemment avec sa famille, bien au chaud. De chez lui, il a téléphoné pour me donner des instructions. Je lui ai rappelé que je pouvais faire toutes ces tâches à la maison et rester ainsi avec mon fils», a protesté Nadia.

Mais, au fil des minutes, le stress de la jeune femme ne fera que croître. «À la maison, le père de mon fils toussait et était fiévreux. Il a voulu aller faire le test du coronavirus. J'ai été obligée de faire appel à mon papa pour qu'il vienne garder mon fils. J'étais mal. Je culpabilisais d'être venue travailler pour rédiger deux lettres et remplir un fichier Excel», explique la jeune maman.

«Vous n'êtes pas payée pour rester à la maison»

Pour Nadia, la goutte de trop aura lieu juste après quand la femme de son patron l'a appelée. «Elle m'a donné du travail supplémentaire et m'a signifié que je n'étais pas payée pour rester à la maison. Là, j'ai craqué et me suis mise à pleurer», rappelle Nadia. Selon son médecin, elle n'était plus en capacité de travailler. «Il m'a dit que j'étais en burn-out et qu'il fallait arrêter immédiatement. J'ai avisé mon patron avant de fermer le bureau et de rentrer.»

* Prénom d'emprunt

Patron menaçant et sec

Contacté par «20 minutes», le patron de la société de nettoyage ne s'est pas montré très aimable. «Tout le monde ne peut pas faire du télétravail. Le Conseil fédéral ne dit d'ailleurs pas que tout le monde doit le faire. Il faut faire attention à ce que vous écrivez. Je suis en famille. Il ne faut pas me déranger un dimanche. On va en rester là...»

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