31.03.2020 à 19:38

Vaud

Coronavirus: senior «insultée et humiliée»

Une dame de 71 ans a été agressée verbalement par plusieurs personnes dimanche devant une confiserie. Deux jours plus tard, elle est encore sous le choc.

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Depuis que la pandémie s'est installée, beaucoup de personnes du troisième âge se sentent agressées dans la rue.

Depuis que la pandémie s'est installée, beaucoup de personnes du troisième âge se sentent agressées dans la rue.

Monique est une Vaudoise de 71 ans. Dimanche, après avoir passé plus de deux semaines de confinement dans son appartement lausannois, elle a voulu s'offrir un bol d'air frais. «J'avais envie d'une douceur. J'ai appelé une confiserie à Cugy (VD) pour passer ma commande afin de gagner du temps une fois sur place», raconte cette ancienne cheffe-comptable et fonctionnaire retraitée du Service vaudois des curatelles.

«Roulez en Twingo et non en Mercedes»

Devant le commerce, Monique a suivi la file en observant la distance requise avec les autres personnes. Une fois servie, alors que la septuagénaire qui marche à l'aide d'une canne se dirigeait vers sa voiture, un homme d'une trentaine d'années l'a agressée verbalement. «Il est carrément sorti de la file et est venu vers moi en hurlant que j'étais mal parquée et qu'il fallait que je roule en Twingo et non en Mercedes», explique la septuagénaire.

Alors que Monique implorait du regard les autres clients de la confiserie, dans l'espoir que quelqu'un prenne sa défense, d'autres remarques blessantes ont fusé. «Ils m'ont dit que je n'avais rien à faire dehors et que je devais rester à la maison. Ce qui m'a le plus blessée, c'est l'absence de bienveillance des gens. On peut dire les choses avec courtoisie, sans blesser personne. J'ai été insultée et humiliée», poursuit Monique. C'est en larmes et l'estomac retourné que la Lausannoise est rentrée à la maison.

Une passante agressive

Gabrielle, une dame de 91 ans, a vécu une mésaventure similaire à Lausanne, il y a deux semaines. «Ma mère avait besoin de prendre l'air, explique la fille de la nonagénaire. Elle habite à côté du parc de Mon-Repos. Je me promenais avec elle. Une femme entre 40 et 50 ans nous a traitées d'inconscientes et d'irresponsables avec beaucoup d'agressivité.»

Hélène et le garçon

Même par temps de pandémie, certains aînés vivent de belles histoires pleines d'humanité. C'est le cas d'Hélène, une Lausannoise de 93 ans, agréablement surprise par un passant, il y a une dizaine de jours. «Il faisait beau. Je voulais prendre l'air dehors. J'ai croisé un cycliste très gentil. Il m'a parlé du coronavirus et m'a conseillé de ne pas sortir sans masque. Je lui ai dit que le pharmacie de mon quartier était en rupture de stock», raconte la nonagénaire très alerte d'esprit. Quand l'inconnu a demandé à Hélène son adresse, la dame âgée s'est fiée à son intuition. «Je sentais qu'il n' y avait pas d'entourloupe avec ce garçon», a-t-elle expliqué. Le soir, une jolie surprise attendait Hélène: le cycliste est venu lui déposer des masques dans sa boîte aux lettres. «Il a sonné. J'ai ouvert et il m'a fait un signe amical avant de partir. Je suis vraiment touchée par le geste solidaire et généreux de ce garçon charmant.»

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