Actualisé 27.12.2006 à 17:24

Corot à la recherche d'exoplanètes

Le satellite français Corot a été mis sur orbite mercredi par une fusée Soyouz tirée de Baïkonour, au Kazakhstan.

Ce projet, auquel des chercheurs genevois sont associés, doit permettre de détecter des exoplanètes.

Lancé de nuit et en plein brouillard hivernal, à 20h23 heure locale (15h23 en Suisse), le satellite est parti pour une mission scientifique de trente mois sur une orbite passant au-dessus des pôles, à 827 km très exactement de la Terre.

La mission sera la première tentative de détection à partir de l'espace de planètes hors du système solaire. Elle permettra également d'étudier la structure interne des étoiles.

Le projet Corot (pour Convection, Rotation et Transits planétaires) doit mettre en orbite un télescope. La planète ne sera pas observée directement mais «décelée» par la très légère diminution du flux lumineux de l'étoile occasionnée par le passage de la planète devant l'étoile, une sorte de petite éclipse.

Seconde mission

Grâce à Corot, les chercheurs espèrent découvrir des planètes extrasolaires plus petites, certaines à peine plus grandes que la Terre.

«Corot va pouvoir découvrir des planètes extrasolaires de toutes tailles et de toutes natures, contrairement à ce qu'on peut faire depuis le sol», a expliqué Claude Catala, responsable de la préparation au sol du programme d'astérosismologie de Corot, sur France Info.

Les scientifiques espèrent pouvoir détecter des planètes de 1,5 à deux fois le rayon terrestre, a-t-il souligné. «Et, finalement, cela va nous permettre d'estimer la probabilité pour qu'il existe dans le voisinage du Soleil ou plus loin dans la galaxie des planètes semblables à la Terre», a-t-il ajouté.

Coeur des étoiles

En seconde mission, Corot sondera «les mystères que recèle le coeur des étoiles», explique l'Agence spatiale européenne (ESA).

Il s'agit de mesurer la fréquence des ondes acoustiques qui se propagent à la surface des étoiles, ce qui permettra aux astronomes d'en déduire leur masse, leur âge et leur composition chimique. Corot aura du travail: son télescope de 30 cm de diamètre devra observer plus de 120'000 étoiles.

Chercheurs genevois impliqués

La mission, conduite sous l'égide du Centre nationale d'études spatiales (CNES), est menée en coopération avec l'ESA, l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne et le Brésil. La Suisse participe également au projet.

L'équipe de l'Observatoire de Genève dirigée par le professeur Michel Mayor et l'astronome Didier Queloz doit notamment utiliser les données du satellite avec son propre logiciel, a indiqué le Secrétariat d'Etat à l'éducation et à la recherche (SER).

Les chercheurs genevois sont à la pointe de la recherche d'exoplanètes. «Ils ont apporté les premiers en 1995 la preuve de l'existence de telles planètes», a indiqué à l'ATS Jakob Frauchiger, conseiller scientifique dans le domaine des affaires spatiales au SER. Ils avaient découvert 51 Pegasi b, une exoplanète géante gazeuse de type Jupiter.

2,5 millions de francs

Depuis, environ 200 exoplanètes ont été découvertes à l'extérieur du système solaire. L'objectif de la mission Corot est maintenant de trouver des exoplanètes similaires à la Terre. Une planète est considérée comme telle si elle a environ la dimension de la Terre et de l'eau en surface en cas de distance correcte entre la planète et son étoile.

La Suisse participe à la mission avec une enveloppe d'environ 2,5 millions de francs, selon M. Frauchiger. La société saint- galloise Fisba a participé à l'entreprise en développant des composants clés du téléscope suisse EULER, basé à l'observatoire chilien de La Silla.

Les données de Corot doivent être examinées depuis cet observatoire, géré par l'ESA. En 2008, la NASA devrait lancer son propre télescope spatial capable de détecter des planètes de la taille de la Terre.

(ats)

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