Affaire Kadhafi: Couchepin soutient Merz
Actualisé

Affaire KadhafiCouchepin soutient Merz

Pascal Couchepin veut dédramatiser l'affaire des otages suisses en Libye. Lors de son excursion à Zimmerwald (BE) avec la presse, le conseiller fédéral a défendu son collègue de parti Hans-Rudolf Merz et plaidé pour un renforcement de la présidence de la Confédération.

Pour sa dernière édition avant le retrait du ministre de l'intérieur à fin octobre, la traditionnelle balade annuelle a été dominée par les questions concernant l'affaire Kadhafi.

Alors que la pression monte faute de libération des deux Suisses retenus à Tripoli, Pascal Couchepin s'est voulu rassurant quant à l'avenir politique de Hans-Rudolf Merz. «Si le président de la Confédération a fait voeu de perdre la face au cas où les deux hommes n'étaient pas rentrés avant le 1er septembre, le Conseil fédéral doit le relever de son voeu», a-t-il décrété.

L'Appenzellois a cru de «bonne foi que l'accord serait respecté» par la Libye, selon le Valaisan. A la question de savoir si le voyage à Tripoli et l'arrangement étaient une erreur politique, M.Couchepin a estimé qu'»on peut en discuter» mais qu'il fallait attendre avant de juger.

Pas dramatique

Quant à l'attitude à adopter par la Suisse pour sortir de la crise, le ministre radical a noté la Libye a le régime qu'on connaît. «Ce qui est arrivé à nos compatriotes est très désagréable, mais pas absolument dramatique», a-t-il considéré, tout en précisant qu'il fallait les aider.

Le radical se réjouit d'entendre les explications qui lui seront fournies mercredi lors de la séance du gouvernement quant au fait que la Libye n'a pas respecté le calendrier fixé par l'accord puisqu'elle n'a toujours pas désigné son représentant au tribunal arbitral. Il s'agit de déterminer s'ils «s'amusent avec nous ou si c'est seulement une manifestation de quelques jours d'hésitation».

Enfin, le conseiller fédéral a relevé que la situation actuelle n'est certes «agréable pour personne». «Mais si c'est bien réglé par le Conseil fédéral, ça s'apaisera», a-t-il commenté.

Président fort

Pascal Couchepin a profité de l'occasion pour soutenir l'idée d'une présidence de la Confédération renforcée. Le Département fédéral de justice est censé étudier la question, mais le futur retraité a déjà sa vision.

A ses yeux, le président devrait être proposé par le Conseil fédéral, qui connaît mieux les personnalités intégratrices en son sein, avant d'être confirmé par le Parlement. Il serait choisi parmi les membres plus anciens et devrait quitter le collège après trois ou quatre ans de présidence au cours desquelles il assumerait aussi la direction du Département des affaires étrangères.

Le problème du système actuel est que le président perd parfois le rôle d'arbitre qui lui revient pour défendre les dossiers issus de son propre département. «Même si cela ne se dit pas, les conseillers fédéraux font des deals entre eux pour obtenir du soutien à leurs projets», a souligné M.Couchepin.

Le ministre de l'intérieur a profité de l'occasion pour céder la parole aussi aux directeurs et directrices de ses onze offices. «Non pas pour imposer quelque chose à mon successeur, mais bien pour montrer que lorsqu'un conseiller fédéral part, il reste le gouvernement et l'administration».

Optimiste pour le scrutin

Pour ses deux derniers mois en poste, la priorité ira à la votation sur la hausse de la TVA en faveur de l'assurance invalidité. «Je suis plus optimiste quant à l'issue qu'il y a cinq ou six mois», a-t-il dit en se référant à la large coalition favorable et aux premiers sondages.

Mais le ministre de la santé compte aussi oeuvrer pour l'adoption des mesures urgentes censées endiguer les coûts de la santé. Il devra encore assumer les hausses des primes maladie qui seront annoncées à mi-octobre. (ats)

Merz soutenu

Le conseiller fédéral Pascal Couchepin apporte son soutien à son collègue radical Hans-Rudolf Merz, dont la crédibilité a été entachée par la crise avec la Libye. Il va lui dire, lors de la séance de mercredi du gouvernement, qu'il est «un bon leader» et qu'il doit poursuivre son travail de président de la Confédération.

La situation n'est agréable pour personne mais ce n'est pas dramatique, a expliqué mardi Pascal Couchepin lors de son excursion à Zimmerwald (BE). Il se veut optimiste: la Suisse a toujours trouvé un chemin, même avec d'autres Etats.

Perdre la face dans le domaine des relations internationales, cela n'existe pas, a encore relevé Pascal Couchepin, en faisant allusion aux déclarations de Hans-Rudolf Merz. Il va donc le soutenir lors de la séance de mercredi du gouvernement: selon lui, une démission n'entre pas en ligne de compte.

En revanche, le ministre de l'intérieur pense qu'il est important de discuter à nouveau d'un renforcement du rôle du président de la Confédération. Le ministre de l'intérieur estime que c'est le Conseil fédéral qui devrait élire le président. Le gouvernement devrait choisir un membre expérimenté qui siège depuis quatre à huit ans.

Ton opinion