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Prix des médicamentsCouchepin veut serrer la vis aux médecins

Comme promis, Pascal Couchepin a présenté avant son départ de nouvelles mesures dans le domaine des médicaments.

En ligne de mire: mettre fin à la vente de médicaments dans les cabinets médicaux et renforcer la transparence dans les relations entre entreprises pharmaceutiques et médecins.

Partis, cantons et organisations auront jusqu'au 5 février pour donner leur avis sur les adaptations légales mises en consultation mercredi par le Conseil fédéral. Le ministre de la santé démissionnaire a répété devant les médias tout le mal qu'il pense de la propharmacie. «La remise de médicaments par les médecins peut être à l'origine d'une hausse de la consommation et de problèmes de sécurité.»

Sans compter, à ses yeux, le conflit d'intérêt que cette pratique génère, puisqu'elle permet à celui qui établit une ordonnance d'en tirer profit directement. S'y ajoute le fait que la vente en cabinet médical est souvent associée à des avantages, notamment des rabais, accordés aux médecins prescripteurs par les fabricants.

Pascal Couchepin estime donc «logique de séparer les deux choses». Dans l'idéal, il souhaiterait interdire purement et simplement aux médecins de vendre des médicaments. Il s'est toutefois dit conscient qu'une telle interdiction est «politiquement très controversée».

Exception pour les zones excentrées

D'où une variante également soumise aux milieux concernés selon laquelle les cantons pourraient autoriser, à titre exceptionnel, la remise de médicaments par les médecins dans les zones rurales. La pratique de la propharmacie est particulièrement répandue en Suisse alémanique, mais elle a suscité divers conflits ces dernières années. Pour le Valaisan, «la situation actuelle n'est pas tenable.»

Dans la foulée, le conseiller fédéral propose d'étendre l'interdiction d'octroyer des avantages matériels (rabais, bonus, voyages, cadeaux, échantillons gratuits) à tous les médicaments délivrés sous ordonnance, ainsi qu'à une série de dispositifs médicaux. Les médecins devront se montrer plus transparents, par exemple en tenant un registre et en divulguant leurs participations dans des entreprises. Les sanctions pénales en cas d'infraction seront renforcées.

Automédication et médecine douce

Toujours dans le souci de limiter les coûts de la santé et d'éviter «des consultations inutiles», Pascal Couchepin suggère de faciliter l'accès à l'automédication. Certains médicaments ne doivent ainsi plus être soumis à ordonnance.

Le gouvernement entend aussi faire un geste après l'engouement pour la médecine douce manifesté par la population lors de la votation fédérale du 17 mai. Dans cette optique, il convient de simplifier les modalités d'autorisation pour la fabrication et la commercialisation de préparations de médecine complémentaire. Celles déjà autorisées sur le plan cantonal doivent en principe demeurer accessibles à tous.

Médicaments pour les enfants

Enfin, il s'agit d'améliorer les traitements destinés aux enfants malades. Le but est d'une part que davantage de médicaments adaptés aux petits soient autorisés et mis sur le marché. Cet objectif passe par un plan d'investigation ad hoc et des incitations au développement de préparations à usage pédiatrique.

D'autre part, tous les spécialistes actifs en Suisse doivent pouvoir accéder aux connaissances déjà existantes sur l'utilisation des médicaments chez les enfants, ceci via une base d'information nationale anonymisée.

Les mesures proposées constituent la 2e étape de la révision de la loi sur les produits thérapeutiques. La première phase portait sur les médicaments dans les hôpitaux. Ce volet devrait entrer en vigueur d'ici l'été prochain. (ats)

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