Actualisé 23.01.2018 à 12:23

Lausanne

Coucheries et dérapages dans les services sociaux

Des gestes et comportements déplacés ont plongé l'Unité logement dans la tourmente. Deux employés ont été virés.

de
Christian Humbert
Un chef avait ouvert le vêtement dune de ses collègues. L'homme s'en était excusé mais d'autres gestes et propos déplacés, qu'il conteste, ont été dénoncés. Il a été licencié.

Un chef avait ouvert le vêtement dune de ses collègues. L'homme s'en était excusé mais d'autres gestes et propos déplacés, qu'il conteste, ont été dénoncés. Il a été licencié.

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Un personnel sous tension, une cheffe fragilisée, deux collaborateurs licenciés: la trentaine d'employés de l'Unité logement des services sociaux de la Ville est sous enquête interne.

La Municipalité a chargé Jean-François Cuénod, ancien président du Tribunal de Lausanne et spécialiste des harcèlements psychologiques ou sexuels, de mener ces auditions. Une procédure que ne commentent ni la cheffe de service, Judith Bovay, ni le municipal Oscar Tosato, invoquant le secret de fonction.

Au lit avec une femme au social

Mais, derrière l'apparente ambiance décontractée dans un service qualifié de bon, le feu couve. Un premier cas, survenu semble-t-il en 2014, n'a pas été sanctionné. Un fonctionnaire avait donné rendez-­vous à la bénéficiaire d'un logement social en dehors des heures de travail.

Après quelques verres, le couple ainsi formé a fini au lit. La femme s'était confiée à une assistante sociale, qui avait averti sa hiérarchie, mais l'affaire en est restée là. Cependant, l'homme aurait récidivé en 2017 et il a été licencié sur-le-champ.

L'autre cas concerne un chef de groupe d'assistantes sociales, qui a baissé la fermeture éclair du vêtement d'une collègue devant un témoin. Problème: la dame ne portait qu'un... soutien-gorge. L'homme a reconnu les faits et a présenté des excuses. Mais d'autres gestes et propos déplacés – qu'il conteste – ont été ensuite dénoncés. Il a été suspendu, puis finalement licencié à Noël. Il entend à présent se défendre en justice, sans toutefois réclamer sa réintégration.

«Je ne mérite pas d'être traité ainsi»

L'employée et le chef de groupe ont travaillé environ cinq ans ensemble, dont un mois après «l'incident de la jaquette». Pendant la courte enquête qui a mené à son licenciement, l'homme n'a pas été confronté à ses accusatrices. Selon lui, il n'y a jamais eu de gestes déplacés: «J'ai fait une bêtise, mais je ne mérite pas d'être traité comme ça.»

De son côté, le municipal Oscar Tosato estime qu'il «ne peut pas se permettre d'avoir un collaborateur qui déshabille une collaboratrice».

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