N'Djaména: Coup d'Etat raté au Tchad: trois morts
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N'DjaménaCoup d'Etat raté au Tchad: trois morts

Trois personnes ont été tuées et une quinzaine blessées au Tchad où le gouvernement a annoncé, jeudi, avoir déjoué une «action de déstabilisation».

Les suspects de ce coup d'Etat avorté ont été arrêtés. Leur identité n'a pas été divulguée par les autorités.

Le gouvernement tchadien a annoncé tard mercredi soir avoir déjoué un coup d'Etat en préparation depuis plusieurs mois contre le président Idriss Déby. Selon les autorités, les forces de sécurité surveillaient ces personnes depuis décembre 2012 et sont parvenues à les neutraliser jeudi matin.

«Il y a un groupe d'individus qui préparaient un complot contre les institutions de l'Etat. Mais ce groupe est suivi depuis le mois de décembre par des services de sécurité et hier (mercredi), à l'occasion de l'une de leurs réunions, les forces de l'ordre sont intervenues pour les arrêter», a affirmé jeudi le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki à Brazzaville, en marge d'un sommet sur la Centrafrique.

Selon lui, les «individus (...) ont réagi en tirant sur les forces de l'ordre». Un policier a été tué, et «en réaction, deux membres de ce groupe ont été abattus. Le reste a été arrêté avec des preuves palpables en leur possession, ils ont tous été remis à la justice», a affirmé M. Faki.

Personnalités sous les verrous

Jeudi, le procureur Mhamat Saleh a souligné que «des personnalités militaires et civiles ont été mises aux arrêts».

Parmi elles figurent le général Weiding Assi Assoue, le général David Beadmadji Gomine, directeur de la justice militaire, le député Mahamat Mallou Kadre du Mouvement patriotique du salut (MPS, parti du président Déby) et le député Salek Makki de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution, (CPDC, principale coalition de l'opposition).

Le général Weiding, qui a été plusieurs fois ministre de la Défense, a aussi été chef d'état-major général des armées. Son dernier poste était celui de gouverneur de Guera (centre), une des 22 régions du pays. Il l'a quitté en 2011.

Rumeurs alarmistes

Lundi, de nombreuses rumeurs sur l'état de santé du président tchadien Idriss Déby (né en 1952) avaient circulé sur Internet. Certains sites spéculant même sur sa mort.

Arrivé au pouvoir par la force en 1990, le chef de l'Etat craint de se voir renverser à son tour. Il a pour habitude de changer régulièrement les personnalités en charge de la sécurité du territoire.

Depuis qu'il a renversé l'ancien président Hissène Habré il y a 22 ans, M. Déby dirige le pays d'une main de fer. Il a dû faire face, notamment en 2008 et 2009, à de nombreuses rébellions aujourd'hui inactives ou presque, depuis la normalisation des relations avec le Soudan voisin.

Les rebelles de l'Union des forces de la résistance (UFR), qui avaient déposé les armes en 2009, avaient annoncé à la fin mars vouloir reprendre les hostilités contre le pouvoir. Une annonce faite après l'engagement au Mali de 2000 soldats tchadiens. Mais ces propos avaient été jugés peu crédibles par maints observateurs.

France «préoccupée»

La France, ancienne puissance coloniale au Tchad, a aussitôt pris «note avec préoccupation des dernières informations en provenance de N'Djaména». Paris a appelé «les autorités tchadiennes et l'opposition à poursuivre un dialogue politique serein et constructif».

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, a notamment rappelé que le Tchad participe activement à la lutte contre le terrorisme au Mali et joue un rôle stabilisateur dans la région.

Pays très pauvre

Malgré l'exploitation récente de pétrole et un fort taux de croissance, le Tchad reste toutefois un pays très pauvre. Il est classé à la 184e place sur 186 à l'indice de développement humain. (ats)

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