Publié

Union européenneCoup d’envoi de difficiles négociations sur la réforme de l’asile

Un premier tour de table a eu lieu ce jeudi entre les ministres européens de l’Intérieur sur une proposition de réforme de l’asile dans l’Union européenne. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a salué «l’approche globale» du projet.

Karin Keller-Sutter a pris part à la visioconférence des ministres.

Karin Keller-Sutter a pris part à la visioconférence des ministres.

KEYSTONE

Les ministres européens de l’Intérieur se sont réunis jeudi pour un premier tour de table sur une proposition de réforme de l’asile dans l’Union européenne (UE), qui augure de difficiles négociations. Karin Keller-Sutter salue «l’approche globale» du projet.

L’Allemagne, qui assure la présidence de l’UE jusqu’à la fin de l’année, espère parvenir début décembre à un accord de principe sur des «points clés» du nouveau Pacte sur la migration et l’asile, proposé en septembre par la Commission européenne. Pour l’instant, les 27 sont divisés.

«C’est une tâche très lourde et difficile», a reconnu le ministre allemand Horst Seehofer, tout en avertissant qu’un accord était «crucial» pour l’Europe. Il espère convenir avec ses homologues d’«une feuille de route» sur cette réforme.

Pour tenter de sortir de l’impasse, cinq ans après la crise migratoire de 2015, la Commission a proposé un mécanisme de solidarité obligatoire des États membres avec les pays d’arrivée de migrants. Les pays de l’UE qui ne veulent pas accueillir des demandeurs d’asile en cas d’afflux devront en revanche participer au renvoi des déboutés du droit d’asile depuis le pays européen où ils sont arrivés vers leur État d’origine.

Mais la proposition suscite des réticences de plusieurs pays d’Europe centrale, Hongrie en tête, hostiles à l’immigration. Et les pays en première ligne (Grèce, Espagne, Italie, Chypre et Malte) s’inquiètent d’un «déséquilibre» entre leurs obligations et la solidarité envisagée. Les discussions pourraient durer «des années», estiment plusieurs sources européennes.

«Optimiste»

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui a présenté ce «pacte» le 23 septembre après une tournée des capitales et des discussions avec tous les États membres, ne s’attendait pas à ce qui quiconque soit «pleinement satisfait» de sa proposition. Elle se dit «optimiste» sur la possibilité d’arriver à un accord, entre les 27 mais aussi avec le Parlement européen. Mais elle ne s’attend pas à ce que tout soit «finalisé» avant le premier semestre 2021.

La Suédoise a par ailleurs rejeté les critiques des ONG sur une Europe «forteresse». «Je ne suis pas d’accord», a-t-elle déclaré à l’AFP. «La proposition défend clairement les droits fondamentaux, le droit à l’asile, prévoit une nouvelle législation pour éviter les refoulements (…) et une solidarité pour les migrants sauvés en mer».

«La Suisse salue en particulier l’approche globale du nouveau paquet pour relever les défis dans le domaine migratoire», a déclaré pour sa part la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, qui a pris part à la visioconférence, selon un communiqué diffusé jeudi par le Département fédéral de justice et police (DFJP). La Suisse examine maintenant les propositions pour des adaptations législatives, notamment pour analyser quels aspects entrent dans le champ d’application des accords d’association à Schengen et à Dublin.

(ATS/NXP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!