Boudry (NE): Couple obligé de dormir au milieu des punaises
Actualisé

Boudry (NE)Couple obligé de dormir au milieu des punaises

Une question d'hygiène vient s'ajouter au scandale sexuel qui a secoué l'institution récemment.

par
Joël Espi

«Ils avaient 200 piqûres sur le corps!» Cette ancienne employée n'oubliera pas de sitôt ce qu'elle a vu. Le récent scandale sexuel de Perreux a motivé cette femme à raconter cette­ sordide histoire. En août dernier, un couple s'était fait dévorer par des punaises de lit. Après inspection de leur chambre­, l'employée était restée choquée: «C'était infesté! Les bêtes devaient être là depuis plusieurs semaines.» Un constat que confirme Patrick Bersier, spécialiste de la désinfection, en observant les photos des parasites. Pour la directrice, les requérants étaient responsables de leur logement.

«Ce n'est pas humain»

«Il n'est pas humain de leur demander de dormir dans leur chambre!» s'était insurgée l'employée dans un courriel. «J'ai donné l'ordre de les faire dormir dans cette chambre et c'est dans cette chambre qu'ils doivent dormir», avait riposté la cheffe des lieux. «Ils ont fini par aller dormir dans le salon, ce qui a posé des problèmes avec d'autres requérants.» Une semaine après, la responsable a enfin mandaté une entreprise spécialisée pour désinfecter la pièce. «Ils ont dû démolir le faux plafond», explique l'ex-travailleuse sociale.

Silence et gêne

Contactée à plusieurs re­prises, la directrice refuse de commenter l'affaire et ren­voie au conseiller d'Etat ou à son chef de service. Celui-ci confirme­ connaître l'affaire. «Des cas de maladies qui n'existent plus en Suisse arrivent parfois dans les centres», explique-­t-il. Sans pour autant souhaiter commenter précisément les faits de Perreux.

«Une enquête pénale et une administrative sont en cours.» Serge Gamma, le chef du Service des migrations, reste muet sur le scandale sexuel dans l’institution (lire le «20 minutes» du 16 février). Il n’en dira pas davantage sur l’affaire des punaises. A l’orée des élections, le conseiller d’Etat Thierry Grosjean assure ne pas être au courant. Une employée affirme, elle, avoir signé un document qui la contraint au silence. Quant aux requérants, ils craignent pour leur avenir en Suisse et se ­taisent également.

«Si un bénéficiaire n’était pas dans les bons papiers de la directrice, elle ne s’en occupait pas.» Des privilégiés se gardaient les meilleurs aliments lors de la distribution hebdomadaire de nourriture, assurée par une association caritative. Des agents de sécurité devaient canaliser le méconten­tement des lésés. Autres reproches: dès sa première semaine de travail, une employée affirme s’être occupée d’un cas de gale. Opéré d’un œil, un homme qui avait besoin de rester seul avait dû partager sa chambre. Il aurait fini par dormir... dans la forêt.

Ton opinion