Santé mondiale: Covid-19 : l'Europe s'ouvre peu à peu
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Santé mondialeCovid-19 : l'Europe s'ouvre peu à peu

Plusieurs pays européens ont entamé un déconfinement progressif tandis que les États-Unis continuent à accuser la Chine au sujet de l'origine du virus.

Un marché en Allemagne.

Un marché en Allemagne.

AFP

La France annonce jeudi le dernier volet de son plan de déconfinement à l'issue de près de deux mois d'isolement imposé par la pandémie de coronavirus qui est aux yeux de Donald Trump «pire» que l'attaque de Pearl Harbor et les attentats du 11-Septembre.

Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a déjà prévenu que le déconfinement se déroulerait de manière «progressive» et «différenciée». Il présentera les conditions de réouverture des écoles maternelles et élémentaires, la reprise des transports publics, le retour dans les entreprises ou la possibilité de se déplacer dans un rayon de 100 km notamment.

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde avec plus de 73'000 morts, la pandémie est «pire» que l'attaque sur Pearl Harbor et les attentats du 11-Septembre, a affirmé mercredi Donald Trump. «Ce fut l'attaque la pire à laquelle notre pays a jamais été confronté. C'est pire que Pearl Harbor», a déclaré Donald Trump en évoquant l'attaque surprise du Japon contre la base militaire américaine à Hawaï en 1941, qui avait poussé les Etats-Unis à entrer dans la Seconde Guerre mondiale. «C'est pire que le World Trade Center», a-t-il ajouté, en référence aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3000 morts.

Donald Trump a renouvelé ses attaques à l'adresse de la Chine, d'où la pandémie est partie en décembre, en estimant que «cela n'aurait jamais dû arriver». Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a de nouveau affirmé disposer de «preuves significatives» que le Covid-19 s'était propagé depuis un laboratoire de Wuhan, dans le centre de la Chine, même s'il a admis n'avoir «pas de certitudes».

Métro à l'arrêt la nuit à New York

Pékin a fermement rejeté ces accusations ainsi que la proposition d'une enquête internationale, avancée par Washington et soutenue par plusieurs pays occidentaux.

À ce jour, la pandémie a fait plus de 260'000 morts dans le monde et a contraint au confinement plus de la moitié de l'humanité. Après les États-Unis, les autres pays les plus affectés sont le Royaume-Uni (30'076 morts), l'Italie (29'684), l'Espagne (25'857) et la France (25'809).

À New York, pour la première fois depuis 1904, le métro de la «ville qui ne dort jamais» s'arrête la nuit pour désinfection face à la pandémie. Pour Gary Dennis, New Yorkais pure souche, guide touristique amoureux de sa ville et de ses quelque 420 stations de métro, ces rames grises sont une jauge de la santé de la ville. «Sans métro, New York mourrait», dit cet homme de 59 ans. «Avec un métro fort, la ville est en forme.»

En Europe, la pandémie semble désormais maîtrisée. Le continent qui compte le plus grand nombre de décès, a progressivement lancé depuis environ deux semaines un déconfinement prudent.

L'Allemagne a donné son feu vert mercredi à la reprise à la mi-mai de la Bundesliga, interrompue il y a deux mois alors que le coronavirus mettait le sport international au repos forcé. Ce sera le premier championnat majeur de football à redémarrer, mais à huis-clos.

Si la France a tiré un trait sur la fin de sa saison, l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie espèrent reprendre en juin. Fort de derniers chiffres d'infection «très satisfaisants», Berlin a décidé mercredi de lever la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars à la première économie européenne pour freiner la contagion. Exceptions notables: la fermeture des frontières et l'interdiction des grandes manifestations sportives, festives ou culturelles avec du public.

«Comment a-t-on pu en arriver là?»

Au Danemark, les autorités estiment également que le Covid-19 devrait à court terme disparaître sous l'effet des mesures de confinement, mais elles redoutent toujours une seconde vague de la maladie.

La Belgique a annoncé la réouverture lundi des commerces non essentiels. Aux Pays-Bas les restaurants, cafés et musées rouvriront à partir du 1er juin dans le cadre du déconfinement mais les maisons closes devront attendre septembre, a officiellement annoncé le Premier ministre Mark Rutte.

Un déconfinement «précipité» de l'Espagne serait une «erreur absolue, totale et impardonnable», a mis en garde le Premier ministre Pedro Sanchez alors que le Parlement a prolongé l'état d'alerte jusqu'au 23 mai.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a été pris à partie mercredi par le chef de l'opposition sur le lourd bilan du Covid-19 dans le pays. «Comment a-t-on pu en arriver là?», a interrogé le leader du Parti travailliste Keir Starmer, devant une Chambre des communes clairsemée, tout en s'alarmant du nombre de décès qui «grimpe» dans les maisons de retraite. Boris Johnson a promis de dévoiler ce dimanche sa stratégie de déconfinement.

Récession «historique» dans l'UE

En ces temps de pandémie, une oeuvre de Banksy rendant hommage aux personnels soignants, a été installée dans un hôpital du Royaume-Uni et sera vendue aux enchères au profit du système de santé britannique, a annoncé mercredi l'agence Press association.

Alors que l'économie mondiale est malmenée par la crise sanitaire, la Commission européenne a prédit mercredi une récession «historique» dans l'UE cette année, avec une chute record du PIB de 7,7% en zone euro, puis un rebond de 6,3% en 2021. Les pays du sud aux économies très dépendantes du tourisme sont les plus concernés avec la Grèce (-9,7%), l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-9,4%). Ce secteur, dont dépendent plus de 300 millions d'emplois et 10% du PIB mondial, est l'un des plus durement touchés par la pandémie alors que les grandes capitales occidentales comme Berlin, Paris, Londres ou New York sont désertées par les touristes. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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