Genève: Covid-19: Mauro Poggia enflamme le Grand Conseil
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GenèveCovid-19: Mauro Poggia enflamme le Grand Conseil

La volonté de restreindre la liberté de réunion dans le cercle privé fait la quasi-unanimité contre elle.

par
Maria Pineiro
Mauro Poggia, conseiller d’État. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Mauro Poggia, conseiller d’État. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

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Depuis vendredi soir, le monde politique genevois bouillonne. La révélation par la RTS de possibles nouvelles restrictions pour freiner la propagation du Covid-19 passe mal (lire encadré). Et pour cause, les mesures concerneraient les réunions d’ordre personnel: apéros, anniversaires et autres fêtes. Pour nombre de députés, dont le PLR Yvan Zweifel, «Mauro Poggia a franchi la ligne rouge». Ce qui fait bondir certains élus, c’est la régulation de la sphère privée, «l’intrusion dans les familles», tonne Christo Ivanov, de l’UDC.

Réunions privées mises en cause

À Genève, selon les autorités, les trois quarts des nouvelles infections ont été contractées dans la sphère personnelle. C’est pour contenir une augmentation des cas jugée inquiétante que le conseiller d’État Mauro Poggia envisage des mesures spécifiques. Obligation d’annonce, plan de protection et listes des participants pourraient devenir obligatoires pour les réunions d’ordre privé. Le détail des mesures, notamment le seuil à partir duquel elles seraient appliquées, doit être annoncé mercredi. C’est ce chiffre qui influencera vraisemblablement l’opposition du Parlement. Si Genève se calque sur Vaud, Neuchâtel ou le Jura, le Parlement pourrait accepter; si le Canton se montre plus sévère, alors l’opposition pourrait être forte.

Les députés interrogés reconnaissent que des mesures sont nécessaires, mais ils insistent sur le fait que leur caractère doit être proportionnel à la gravité de la situation. À droite, hormis au MCG, au sein duquel François Baertschi estime que «cette polémique est totalement déplacée», on est vent debout contre une régulation trop sévère du cercle personnel. «Le gouvernement doit prendre acte que presque aucun député ne soutiendra une mesure aussi intrusive», prévient Murat Julian Alder, PLR. Sa collègue Delphine Bachmann, qui préside le PDC, prévient qu’au «vu de la situation, sans le Parlement derrière lui, il va être difficile pour le Conseil d’État de faire passer de nouvelles mesures. Il risque de perdre l’adhésion de la population.»

L’écologiste Pierre Eckert relève lui que si «la situation dégénère, la population sera également mécontente» et affirme qu’il «fait confiance aux autorités». La confiance: pour le député SolidaritéS Jean Burgermeister, elle est primordiale, au même titre que la transparence et la communication. Plus offensif, le socialiste Cyril Mizrahi «s’interroge sur le sens de cette annonce incomplète». Il prévient: «Si le gouvernement passe en force, cela pourrait aller au clash.» Les opposants sont prêts à mener une bataille parlementaire. Mais ils admettent qu’ils ne pourront sans doute pas contrer des décisions avant leur mise en œuvre.

Ton opinion

688 commentaires
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Nicolas ALBERT

14.10.2020, 16:46

Il faut fermer la frontière avec la France ! Des Français qui arrivent à Genève de Lyon ou de Grenoble ne sont-ils pas contaminés ? Faudra-t-il des milliers de morts pour agir ?

totalitaire

14.10.2020, 08:54

URSS et DDR

mer

13.10.2020, 13:05

N’importe quoi ce type ...