Actualisé 05.04.2006 à 11:34

CPE: les étudiants bloquent les routes

Des étudiants ont mené des opérations coup de poing contre le CPE avant le début des négociations entre les syndicats et l'UMP dans l'après-midi.

Plusieurs centaines d'étudiants, rejoints par des membres de syndicats de salariés, ont dressé vers 07h00 huit barrages sur les voies d'accès principales à Poitiers et au Futuroscope, dans la Vienne, a-t-on appris auprès de la police et des organisateurs du mouvement.

Ces barrages, édifiés notamment avec des palettes de bois et des barrières, ont provoqué de nombreux embouteillages, parfois de plusieurs kilomètres, contraignant des automobilistes à abandonner leur voiture sur place. Le trafic des autobus de Poitiers a été arrêté.

A Rennes, en Bretagne, quelques centaines d'étudiants ont aussi bloqué, à partir de 07h30, l'accès à la ville au niveau de l'axe Rennes-Lorient, a-t-on appris auprès du Centre régional d'information routière. Les manifestants ne laissaient passer que les véhicules de secours. Le trafic routier sur la rocade ouest de l'agglomération était également perturbé.

Centres de tri bloqués

A Nantes, 600 manifestants ont bloqué le Marché d'intérêt national (MIN) pendant près de trois heures. Par cette action, ils entendaient «bloquer l'économie pour faire enfin réagir le gouvernement», a expliqué un porte-parole étudiant.

Mardi soir, des heurts avaient opposé les forces de l'ordre et 300 manifestants dans le centre de Nantes. Des manifestants ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre et cassé des vitrines ainsi que plusieurs dizaines d'abribus.

Dans le Sud-Ouest, à Toulouse, une centaine d'étudiants et des dizaines de salariés bloquaient les deux pricipaux centres de tri postal de la ville. «Il semble que des lettres importantes doivent passer par ces centres en provenance de certains ministères parisiens», a expliqué Anna Mélun, responsable locale de l'UNEF, le principal syndicat étudiant de l'Hexagone.

Retrait exigé

Ces actions interviennent au lendemain d'une cinquième journée nationale de manifestations contre le contrat première embauche (CPE), qui ont rassemblé dans toute la France plus d'un million de personnes selon la police, plus de trois millions selon les organisateurs.

Forts de cette mobilisation, qu'ils considèrent comme un succès, les syndicats et organisations estudiantines se sont réunis mercredi matin pour définir une position commune avant que les organisations de salariés rencontrent séparément dans la journée et jeudi les dirigeants des groupes parlementaires de l'UMP, le parti au pouvoir, pour des premières négociations sur le CPE.

En guise d'avertissement, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a déclaré mercredi qu'il n'était pas question de négocier tant que ce texte n'était pas retiré. «Ce n'est absolument pas à nous de renoncer (...) Le retrait du CPE n'est pas négociable», a-t-il déclaré sur Europe 1. (ats)

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