Asile: Craintes des réfugiés syriens après les attentats
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AsileCraintes des réfugiés syriens après les attentats

Parmi les Syriens cherchant refuge en Europe, certains craignent de voir leur sort empirer et la haine envers eux grandir après les attentats de Paris.

Réfugiés syriens sur l'île grecque de Lesbos en septembre 2015.

Réfugiés syriens sur l'île grecque de Lesbos en septembre 2015.

La découverte d'un passeport syrien à côté du corps d'un des assaillants à Paris nourrit les craintes que des djihadistes se sont mêlés au flux des centaines de milliers de réfugiés qui traversent l'Europe malgré le froid, la pluie et le risque de noyade.

«C'est un problème», assène Ghaled, un Syrien de 22 ans venu se recueillir, bougie à la main, devant l'ambassade de France à Berlin pour honorer les victimes. Il se dit convaincu que le passeport est un faux ou a été mis près du corps pour accuser les Syriens: «Je pense que c'est un gros mensonge. Tout a été détruit sur le site, mais pas le passeport!». «Tant de gens détestent les Syriens», ajoute-t-il.

«Un terroriste est un terroriste»

Un autre jeune Syrien de 24 ans se présentant comme William, de crainte de répercussions pour sa famille restée en Syrie, a aussi peur que les réfugiés deviennent des boucs émissaires à travers l'Europe. «Les informations parlent beaucoup des Syriens. La police a trouvé un passeport syrien. Bien sûr, je suis inquiet. Ce n'est pas bon du tout», dit cet étudiant originaire de Hama.

D'autres relèvent cependant que l'Allemagne, principale destination des migrants, s'est montrée très accueillante, résultat de la politique de la porte ouverte pratiquée par la chancelière Angela Merkel, malgré l'opposition d'une partie de son propre camp conservateur et d'une part grandissante de la population.

«Les gens savent bien que nous ne sommes pas tous des terroristes, en particulier de l'Etat islamique (EI)» qui a revendiqué les attentats, souligne Mouhanad Dawood, en Allemagne depuis 11 mois. «Un terroriste est un terroriste peu importe d'où il vient», souligne-t-il.

La «haine va augmenter»

Du côté des autorités allemandes, dès samedi, la position était claire: il ne faut pas lier crise migratoire et les attentats. «Je souhaiterais urgemment demander que personne n'établisse de lien hâtif avec le débat sur les réfugiés», a martelé le ministre de l'intérieur Thomas de Maizière, mettant notamment en garde contre des violences d'extrême droite, alors que depuis le début de l'année des dizaines de foyers de réfugiés ont déjà fait l'objet d'attaques incendiaires.

En France aussi, des Syriens disent craindre un retour du bâton. «Hier (samedi) tous les Syriens que je connais ici étaient en ligne pendant des heures à discuter de ce qui va nous arriver. La vérité, c'est qu'on n'en a aucune idée. Des Français ne faisaient déjà pas confiance aux Arabes et cette haine va augmenter», confie Ayham al-Khalaf, un journaliste ayant fui Raqqa, bastion syrien d'EI, et installé en France.

Mais sur la route des Balkans, empruntée par la majorité des Syriens visant une vie meilleure en Allemagne, les événements parisiens et leurs conséquences potentielles ne changent rien à la détermination des migrants, malgré les barrières qui s'érigent à travers l'Europe pour empêcher leur avancée.

«C'est le chaos en Syrie»

Avant même les attentats de Paris, la plupart des pays qu'ils doivent traverser en Europe orientale ont tenté de repousser l'afflux ces derniers mois en bâtissant des clôtures, tirant des lacrymogènes ou en les orientant vers des Etats voisins.

Portant son enfant malade dans les bras, Kalaham fait la queue pour s'enregistrer au poste-frontière de Gevgelija en Macédoine pour quitter la Grèce. Elle n'a aucune intention de faire demi-tour. «Je veux juste quitter la Syrie et j'espère pour le mieux», dit-elle, «je n'ai pas peur. C'est le chaos en Syrie; cela ne peut pas être pire».

Malek Rozhdan, accompagné de sa femme Jusak et de leurs trois enfants, ne voit pas non plus en quoi les attentats à Paris devraient changer leurs plans. «Les choses vont très mal à Damas d'où nous venons. Les bombes tombent comme la pluie», dit-il, «bien sûr que tout ce qui s'est passé (à Paris) n'est pas bon, mais l'Europe est un bon endroit pour vivre (...), rien de tout cela ne va influencer notre voyage». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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