France: Craintes redoublées à la veille du déconfinement
Actualisé

FranceCraintes redoublées à la veille du déconfinement

AFP

L’Hexagone vivait dimanche son 55e et dernier jour de confinement avant une libération partielle de sa population.

Le bilan quotidien de l'épidémie de coronavirus est retombé dimanche à son niveau du début du confinement, à la veille d'une levée progressive des restrictions. Cette nouvelle étape fait craindre un possible rebond.

Membres du gouvernement et responsables politiques se sont relayés pour en appeler à la prudence et au bon sens, alors que des millions de Français s'apprêtent à reprendre le travail afin de réamorcer l'économie nationale, quasiment à l'arrêt depuis deux mois.

Le confinement a porté ses fruits, avec un bilan quotidien des décès retombé dimanche soir à 70 morts, son plus bas niveau depuis la mise sous cloche du pays le 17 mars. Le bilan total s'élève toutefois à au moins 26'380 décès, alors que la pression sur les services d'urgence hospitaliers se réduit toujours.

«Le pari de l'intelligence»

«Nos efforts ont été efficaces pendant le confinement qui a sauvé des milliers de vies, ils doivent se poursuivre pour nous aider à réussir cette nouvelle phase», a souligné le ministère de la Santé.

Car même avec des masques obligatoires dans les transports et un cadre sanitaire strict dans les écoles, l'angoisse d'une nouvelle flambée de l'épidémie est palpable.

Pour autant, «on ne va pas envoyer un gendarme dans chaque appartement», a lancé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, alors qu'on va de nouveau pouvoir se réunir à dix personnes au plus. Il a affirmé faire «le pari de l'intelligence et de la compréhension».

Nouveaux foyers

Pourtant, l'apparition de trois nouveaux foyers en Nouvelle-Aquitaine et en Vendée, zones classées en «vert», incite plus que jamais à la prudence. D'autant qu'un a été identifié dans un collège (où des personnels s'étaient réunis pour préparer la rentrée) et un autre dans une entreprise.

«Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule», a alerté dimanche Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, insistant sur le respect des mesures barrière.

Et l'absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance: «Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher», a-t-elle dit.

Plages fermées en Corse

Pour marquer cette nouvelle étape, Lille – classée en zone «rouge» – a obtenu une dérogation pour la réouverture dès lundi du parc de la Citadelle. A l'inverse, Ajaccio a décidé de laisser ses plages fermées encore «au moins quinze jours».

Dès lundi, le masque devient le sésame obligatoire dans les transports publics. L'Etat va mettre à partir de lundi «10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport», destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, selon Christophe Castaner.

Les craintes semblent largement partagées par ceux qui s'apprêtent à reprendre le travail lundi: 53% disent avoir personnellement plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage.

Quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements au total restent classées «rouge» en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux qu'elle entraîne.

Les déplacements au-delà de 100 km du domicile restent prohibés sauf motif impérieux et justifiable. L'accès à certaines gares comme à Paris pourra être filtré par les forces de l'ordre.

Un million d'écoliers

Sur l'autre dossier explosif, les écoles, la journée de lundi doit permettre une pré-rentrée des professeurs pour organiser la reprise. Les élèves ne sont attendus qu'à partir de mardi voire plus tard selon les communes.

«85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi (...) Un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies», a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les enfants aient pu retrouver «au moins une fois» leur école d'ici à la fin mai.

(ATS)

Ton opinion

33 commentaires