Syrie: Crash d'un avion du régime
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SyrieCrash d'un avion du régime

Les rebelles syriens ont affirmé lundi avoir abattu un avion de combat et avoir capturé le pilote. Ce serait le premier avion de l'armée syrienne à être abattu.

Les rebelles syriens ont affirmé lundi avoir abattu un avion de combat MiG 21 dans l'est de la Syrie à l'aide d'armes de défense anti-aériennes. Cette perte a été confirmée par une source militaire qui l'a cependant attribuée à une panne technique.

Le porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) Kassem Saadeddine, a affirmé que l'ASL avait abattu l'avion de combat de l'armée régulière dans la région orientale de Deir Ezzor, «avec une balle de 14,5 mm tirée par une mitrailleuse anti-aérienne».

Une vidéo amateur mise en ligne par des militants sur YouTube avec le logo «jeunesse révolutionnaire du pays de l'Euphrate» montre un appareil apparemment touché, sur fond de tirs nourris. «Un MiG a été touché dans la ville de Mouhassan», 400 km à l'est de Damas, crie un homme non identifié. Une boule de feu s'échappe de l'avion suivie par une traînée de fumée grise.

Une source militaire citée par l'agence officielle Sana a attribué la chute de l'appareil à une «panne technique» qui a paralysé les instruments de pilotage, obligeant le pilote à s'éjecter.

Un groupe d'insurgés a affirmé avoir capturé le pilote dans une autre vidéo en ligne montrant une homme barbu, entouré de trois hommes en arme, qui dit être le pilote et avoir eu pour mission de «bombarder la ville de Mouhassane», à 400 km à l'est de Deir Ezzor.

Des atrocités sur le net

Alors que des insurgés célébraient cette chute, une première depuis le début de la rébellion il y a dix-sept mois, l'image des rebelles a été mise à mal par trois vidéos particulièrement choquantes circulant sur Internet et mettant en scène des atrocités que ceux-ci auraient commises.

Ces vidéos, qui n'ont pu être ni authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région d'Alep, montrent des rebelles syriens jetant des corps du toit d'un bâtiment, égorgeant sauvagement un homme ou en assassinant froidement un autre.

Régime et rebelles sont régulièrement accusés par des ONG de violations des droits de l'homme et de meurtres. Le 8 août, des activistes et des membres de l'ASL avaient cependant rédigé un «code de conduite», s'engageant notamment à respecter les droits fondamentaux.

Reprise d'un quartier rebelle

De son côté, l'armée est entrée à l'aide de chars et de blindés à Seif al-Dawla, quartier tenu par les rebelles à Alep, la grande métropole du nord, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La semaine dernière, les forces du régime avaient lancé une première offensive terrestre sur un autre quartier de l'ouest d'Alep, Salaheddine, le premier pris par la rébellion. Elles le contrôlent désormais en grande partie même si des poches de résistance subsistent. L'OSDH a du reste mentionné des bombardements sur certaines zones de Saladeddine lundi.

A Damas, la capitale, l'armée a bombardé certains quartiers et mené pour la première fois lundi une campagne de perquisitions de grande envergure dans la vieille ville. Les services de sécurité ont arrêté 22 personnes et fouillé un cimetière à la recherche d'armes. Des tirs nourris étaient entendus, selon l'OSDH, qui se base sur un réseau de militants et de témoins.

La Commission générale de la révolution syrienne a indiqué que dans le quartier de Chaghour, «les forces de sécurité ont brisé les portes des magasins qui étaient fermés» pour les contraindre à interrompre leur grève de protestation contre le régime.

Des affrontements avaient également lieu dans la ville rebelle de Harasta, au nord-est de la capitale, de même qu'à Deir Ezzor (est) et dans plusieurs localités tenues par les rebelles dans cette région proche de l'Irak. A Palmyre, dans le centre du pays, l'armée, appuyée par des hélicoptères, menait des bombardements et affrontait les rebelles de l'ASL.

Selon un bilan de l'OSDH, 50 personnes sont mortes lundi, dont 28 civils. La veille, les violences dans le pays avaient causé la mort de 146 personnes.

Réunion de l'OCI

Et la communauté internationale peine à s'accorder sur un règlement de la crise. Dans une nouvelle tentative diplomatique à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite, un sommet réunissant des dirigeants des 57 pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI) doit aborder mardi à La Mecque la question syrienne, mais le conflit divise profondément les nations musulmanes.

Par ailleurs, la secrétaire générale adjointe de l'ONU aux Affaires humanitaires, Valérie Amos, est attendue mardi en Syrie, a annoncé l'ONU à Genève. Le but de sa visite est d'attirer l'attention sur la «détérioration de la situation humanitaire».

(ats)

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