Crash du Mont Sainte-Odile: Airbus blanchi
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Crash du Mont Sainte-Odile: Airbus blanchi

La cour d'appel de Colmar, en France, a relaxé vendredi cinq anciens cadres de l'aviation civile et un contrôleur aérien poursuivis pour leur rôle présumé dans la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile.

L'accident avait fait 87 tués et neuf blessés il y a seize ans en Alsace.

Un Airbus A320 d'Air Inter, ancienne filiale d'Air France, s'était écrasé de nuit, le 20 janvier 1992, sur une crête des Vosges à 800 mètres d'altitude, alors qu'il entamait sa descente vers l'aéroport de Strasbourg.

Les six prévenus, anciens responsables d'Airbus, d' Air Inter, de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ou contrôleur aérien, avaient déja été relaxés en première instance en vertu de la loi sur les délits non intentionnels de juillet 2000.

Les juges avaient toutefois imputé une «faute de négligence», de nature civile, à Bernard Ziegler, ancien directeur technique d'Airbus et concepteur de l'A320, lancé en 1988, ce qui entraînait la responsabilité civile de l'avionneur, son employeur.

Critique

Lui était reproché un risque de confusion dans le cockpit entre deux modes de descente différents commandés par un même bouton. La pente quatre fois trop forte suivie par l'avion avant l'accident pouvait dès lors s'expliquer, pour certains experts, par la programmation involontaire d'une descente de 3300 pieds par minute au lieu d'un angle de 3°3.

L'arrêt de la Cour d'appel juge cette hypothèse insuffisante. «Une probabilité même forte n'étant pas assimilable à une certitude, il n'existe pas de preuve absolument certaine que l'équipage a été victime d'une confusion de mode provoquée par un défaut de conception de l'ergonomie du poste de pilotage», affirment les juges.

Seul Air France, en tant que transporteur et à titre contractuel, reste civilement responsable de la catastrophe.

Alvaro Rendon, président d'Echo, l'association des familles des victimes, a explosé à l'énoncé de l'arrêt. «Seize ans envoyés en l'air. Quatre-vingt sept victimes pour rien. C'est ça la justice de notre pays. C'est ça les paroles de notre président, de Mme Dati (NDLR: la ministre de la justice Rachida Dati), qui nous disent 'Les victimes seront entendues'», a-t-il crié.

Recours annoncé

«C'est politique. On ne touche pas à Airbus», a ajouté Nicole Hecquet, soeur du pilote décédé. Alvaro Rendon a annoncé son intention de recourir contre la décision.

A la déception de voir anéanti un combat de 16 ans pour voir désignés les coupables d'un accident dont les causes restent incertaines, s'ajoute l'annulation par la cour d'appel des 500 000 euros de frais de justice alloués en première instance à l'association.

La Cour a par ailleurs rejeté, comme en première instance, les demandes de réparation formulées par les parties civiles au titre du «préjudice spécifique» qui résulterait du traumatisme engendré par la catastrophe, son caractère collectif et la durée de la procédure.

(ats)

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