Crash du vol Berlin-Zurich: Crossair rejette toutes les accusations

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Crash du vol Berlin-Zurich: Crossair rejette toutes les accusations

Le fondateur de Crossair Moritz Suter et l'ex- directeur de la compagnie aérienne André Dosé ne s'estiment pas responsables de la chute d'un Jumbolino en 2001 à Bassersdorf (ZH). Ils rejettent les accusations d'homicide par négligence.

Devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone, les deux hommes ont plaidé non coupables lundi. Ils comparaissent dans le procès relatif au crash d'un de leurs avions, survenu le 24 novembre 2001 à Bassersdorf près de Zurich. Cet accident avait coûté la vie à 24 personnes, dont les deux pilotes.

Selon le Ministère public de la Confédération qui a rédigé l'acte d'accusation, les deux dirigeants et quatre autres cadres de l'ex-compagnie aérienne suisse sont responsables de la catastrophe.

«La sécurité, priorité de la compagnie»

Ainsi, le fondateur de Crossair aurait pratiqué une politique d'expansion agressive qui ne tenait pas compte du danger et des normes de sécurité. Moritz Suter, aujourd'hui âgé de 63 ans, rejette ces reproches. «La sécurité a toujours été la priorité de ma compagnie», a-t-il affirmé lundi devant les juges.

L'ex-patron s'est toujours efforcé de confier les tâches inhérentes à la sécurité à des personnes compétentes et expérimentées, a-t-il dit.

Même son de cloche pour l'ex-directeur André Dosé. Celui-ci a expliqué qu'en tant que dirigeant, il a toujours prôné la culture de la sécurité. A cet effet, il a mis à disposition aussi bien du personnel que des moyens financiers. Dans les statistiques, Crossair a souvent fait mieux que les prescriptions, selon lui.

Fortune pas révélée

André Dosé, 50 ans, s'est montré plus discret en ce qui concerne ses revenus personnels. Il a expliqué qu'en tant que propriétaire d'une société-conseil, il peut compter sur un salaire annuel de 200 000 francs. Il n'a toutefois pas voulu révéler le montant de sa fortune qu'il communiquera par écrit au TPF. Ceci pour éviter que des chiffres soient publiés dans la presse.

De son côté, Moritz Suter, dont le casier judiciaire comporte une condamnation pour infraction à la loi sur la circulation routière, n'a pas fait mystère de ses ressources. Sa fortune personnelle s'élève à environ 8,5 millions de francs, a-t-il dit à la cour. Le fondateur de Crossair gagne en outre quelque 450 000 francs par année grâce à ses nombreux mandats dans des conseils d'administration.

Ces chiffres permettront aux trois juges du TPF d'établir un barème en cas de condamnation à une peine pécuniaire. Le procès devrait durer deux semaines et la sentence est attendue pour le 16 mai.

(ap)

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