Actualisé 22.07.2014 à 12:57

Suisse

Credit Suisse affiche une perte de 700 millions

L'amende infligée par les autorités américaines au numéro deux bancaire helvétique a lourdement pesé sur sa performance au 2e trimestre.

Le numéro deux bancaire helvétique a essuyé une perte nette de 700 millions de francs, contre un bénéfice de 1,045 milliard un an plus tôt.

La perte était anticipée après la charge de 1,6 milliard de francs passée suite à l'amende de quelque 2,5 milliards dont a écopé Credit Suisse à fin mai pour clore le conflit fiscal avec les autorités américaines. S'exprimant mardi devant la presse à Zurich, le directeur général Brady Dougan s'est néanmoins dit satisfait.

Au-delà du règlement du plus important litige rencontré par la banque outre-Atlantique, l'Américain a mis en exergue la capacité de résilience de Credit Suisse. Hors amende, le bénéfice net dit «stratégique» est ressorti à 1,28 milliard de francs entre avril et fin juin, avec un rendement des fonds propres de 13%.

«Nos résultats stratégiques ont été bons, démontrant la robustesse de notre modèle commercial, malgré le faible volume des activités de négoce des clients dans certains domaines, qui a pesé à la fois sur la banque privée et la gestion de fortune ainsi que sur la banque d'affaires», a résumé Brady Dougan.

Bénéficiaire au semestre

En considérant le premier semestre, Credit Suisse demeure dans les chiffres noirs avec un résultat net de 159 millions de francs, en chute de 93% sur un an. Ce montant s'explique par les 859 millions de bénéfice engrangés au cours des trois premiers mois de 2014. Et pour la suite, le potentiel demeure intact.

Même s'il y aura forcément un impact après l'amende aux Etats-Unis, a admis Brady Dougan, en précisant que celui-ci n'était pas mesurable. Toujours à propos du dossier américain, le directeur général a dit comprendre la frustration des collaborateurs après l'annonce début juillet de la livraison des noms de plus de 1000 d'entre eux.

Encore sur les conséquences du litige entre les banques suisses et les Etats-Unis, Brady Dougan a noté que les grandes entités étaient mieux placées pour s'adapter aux amendes qui se profilent. A l'instar du patron de Julius Baer, Boris Collardi, il estime que cette affaire pourrait susciter des opportunités de consolidation.

Sorties en Europe de l'Ouest

Le détail du deuxième trimestre montre que Credit Suisse a profité d'un afflux net de nouveaux capitaux de 11,8 milliards de francs dans ses activités stratégiques. Le montant ressort en hausse de 4% en taux annualisé. Mais il comprend toujours des sorties à hauteur de 2,9 milliards en Europe de l'Ouest.

Le phénomène dans cette région reflète le tour de vis fiscal instauré dans les pays concernés. Il implique des mises en conformité de la part des clients dans les activités transfrontières. Le numéro deux bancaire helvétique parle de «progrès substantiels dans la régularisation de la base d'actifs».

La dynamique dans la collecte de fonds est portée par la zone Asie-Pacifique et par la Suisse, a indiqué Brady Dougan.

Action sanctionnée

La division de banque privée et de gestion de fortune a subi une perte avant impôts de 749 millions de francs entre avril et fin juin, contre un bénéfice de 917 millions un an plus tôt. Le passage en zone déficitaire est évidemment lié au règlement du conflit fiscal aux Etats-Unis.

Dans la banque d'affaires, Credit Suisse a dégagé un bénéfice avant impôts de 752 millions de francs, une somme stable en comparaison annuelle. Le total des produits, toute division confondue, a reculé de 1% sur un an pour s'établir à 6,43 milliards.

Au passage, la banque a confirmé son objectif de réduire les coûts de plus de 4,5 milliards de francs d'ici à fin 2015, dont 3,4 milliards sont acquis. Elle maintient aussi sa politique de dividende visant à distribuer environ la moitié des bénéfices.

Bien qu'anticipée, la perte trimestrielle a pesé sur le cours de l'action Credit Suisse à la Bourse suisse. Vers 14h45, le titre cédait 1,5% à 25,70 francs, dans un marché SMI en hausse. Des analystes ont parlé de performance mitigée. (ats)

Impact du conflit fiscal

L'activité de banque privée et de gestion de fortune a subi au deuxième trimestre 2014 une perte avant impôts de 749 millions de francs, contre un bénéfice de 917 millions un an plus tôt. Le passage en zone déficitaire est lié au règlement du conflit fiscal aux Etats-Unis intervenu à fin mai.

Dans la banque d'affaires, Credit Suisse a dégagé un bénéfice avant impôts de 752 millions de francs, une somme stable en comparaison annuelle.

Au passage, la banque confirme ses objectifs, notamment celui consistant à réduire les coûts de plus de 4,5 milliards de francs d'ici à fin 2015. Elle maintient aussi sa politique de dividende visant à distribuer environ la moitié des bénéfices aux actionnaires.

L'action orientée à la baisse

L'action Credit Suisse a ouvert en légère baisse mardi à la Bourse suisse après la publication des comptes au deuxième trimestre 2014. Vers 9h10, le titre cédait 0,46% à 25,97 francs, dans un marché des valeurs vedettes (Swiss Market Index) en progression de 0,33% environ. Le plongeon dans le rouge était attendu en raison de l'amende de quelque 2,5 milliards de francs reçue à fin mai pour régler le dossier fiscal aux Etats-Unis.

Les analystes interrogés par l'agence financière awp tablaient en moyenne sur une perte nette de 598 millions de francs au deuxième trimestre 2014. Les 700 millions effectifs apparaissent donc dans le haut de la fourchette des anticipations.

Pas de chiffres sur d'éventuels départs

La question de savoir combien de clients Credit Suisse pourrait avoir perdu après la lourde amende aux Etats-Unis brûle toutes les lèvres. Sans chiffrer le phénomène, son directeur général Brady Dougan estime comprendre que l'on puisse envisager de quitter la banque.

Le contexte qui prévaut est celui du paiement de quelque 2,5 milliards de francs et d'une reconnaissance de culpabilité pour avoir incité de riches Américains à contourner le fisc. Reste qu'en l'état, il n'est pas possible de préciser l'ampleur d'éventuelles défections, a expliqué mardi à Zurich Brady Dougan. «Peut-être que des clients ont traité moins d'affaires ou qu'ils ont fermé des comptes et nous ont quittés», a envisagé l'Américain en marge de la publication des comptes au deuxième trimestre 2014. A chaque trimestre, il y a des reflux d'argent sans en connaître la cause exacte, a-t-il dit.

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