Restructuration: Credit Suisse confiant pour sa banque d'affaires

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RestructurationCredit Suisse confiant pour sa banque d'affaires

Dans le cadre de sa restructuration, Credit Suisse a réaligné la banque d'investissement pour mieux servir la gestion de fortune.

Credit Suisse.

Credit Suisse.

En Suisse, l'activité devrait profiter autant du potentiel domestique que de l'empreinte globale. Pour 2016, ses responsables anticipent un rebond des opérations de fusions-acquisitions et des entrées en bourse.

«Notre stratégie pour la banque d'affaires est de tirer parti du meilleur des deux mondes», a déclaré mardi à Zurich devant les médias Marco Illy. La stratégie demeure pour le reste inchangée. «Elle fonctionne», a encore relevé le directeur pour la Suisse de la banque d'investissement.

Sur le marché helvétique, celle-ci devrait largement bénéficier de son intégration à la banque universelle, créée pour englober les affaires vitales à l'économie nationale. Soit une masse sous gestion de plus de 1000 milliards de francs et l'accès à une base clientèle de 800 grandes sociétés, 100'000 petites et moyennes entreprises, 3200 institutions et 1000 groupes bancaires, a souligné Marco Illy.

Pour rappel, les deux anciens piliers de Credit Suisse, banque privée et d'affaires, ont été remplacés par trois divisions régionales. L'établissement mise désormais sur la clientèle domiciliée en Suisse d'une part et en Asie/Pacifique d'autre part. La dernière unité englobe le reste des riches clients internationaux.

Répartie en deux organisations globales de «soutien», la banque d'affaires doit quant à elle réduire les activités gourmandes en capital et sa base de coûts. Le site de Londres, trop onéreux, va subir la plus grande cure, avec quelque 1800 emplois délocalisés. Les activités à faible marge seront transférées vers la Pologne ou l'Inde notamment.

Exercice très actif

Pour ce qui est de l'exercice qui s'achève, il s'est révélé très actif sur le front des fusions et acquisitions (M&A), en comparaison internationale. En Suisse, le volume de transactions a crû de 20% sur un an, tandis qu'en Europe, il a reculé d'autant, a indiqué Marco Illy.

Il escompte pour l'ensemble de l'année un volume d'environ 120 milliards de dollars, contre 134 milliards l'an dernier. Parmi les points forts pour Credit Suisse, il cite la fusion du cimentier zurichois Holcim avec le français Lafarge, une opération valorisée à plus de 7,3 milliards de dollars.

Les fondamentaux pour une recrudescence des transactions en 2016 sont au vert, a estimé Marco Superina, responsable M&A pour la Suisse. En zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), la tendance devrait concerner l'industrie, les services et d'assurances, les biens de consommation ainsi que l'immobilier.

Dans le segment de la finance, Credit Suisse table sur une poursuite de la consolidation, en raison de bases de coûts élevées et de pression sur les marges. Le renforcement de la réglementation met en outre les petits gestionnaires de fortune dans une position délicate.

Entrées en bourse

Les introductions en Bourse (IPO) devraient elles aussi gagner en vigueur l'an prochain. La banque compte quant à elle déjà quatre à cinq mandats en la matière, a laissé entendre M. Illy. De nouvelles cotations sont attendues dans les secteurs des biotechnologies, de l'immobilier ou encore de l'industrie.

Ici, l'activité a été ralentie en 2015 par l'appréciation du franc et par les turbulences estivales sur les places financières internationales, Chine en tête, a expliqué Marc Hammarskjold, responsable des marchés des capitaux pour la Suisse. Pour mémoire, Sunrise a fait le pas en février et Cassiopea en juillet notamment. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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