Banque: Credit Suisse renforce ses fonds propres
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BanqueCredit Suisse renforce ses fonds propres

Credit Suisse prend de nouvelles mesures afin de renforcer ses fonds propres. Le numéro deux bancaire helvétique va immédiatement augmenter son capital de 8,7 milliards de francs.

Montrée du doigt en juin - avec UBS - par la Banque nationale suisse (BNS) au sujet de ses fonds propres jugés insuffisants, Credit Suisse avait d'abord affirmé être en position satisfaisante.

Pourtant, la banque a finalement annoncé mercredi renforcer son capital de 8,7 milliards de francs par des mesures immédiates. Des dispositions supplémentaires d'ici à la fin de l'année y ajouteront 6,6 milliards, portant l'accroissement total à 15,3 milliards.

«Ecarter tout doute»

Les mesures immédiates comprennent notamment l'émission d'obligations convertibles à hauteur de 3,8 milliards de francs. Y participent des investisseurs poids lourds déjà présent tels que Norges Bank Investment (Norvège), Olayon Group (Arabie Saoudite) et Qatar Holding, mais aussi de nouveaux comme Temasek .

«Ces mesures écartent tout doute au sujet de la solidité de notre capitalisation», a commenté en conférence téléphonique le patron de Credit Suisse Brady Dougan. Le ratio de fonds propres calculé selon la méthode de la BNS dans son rapport - et estimé par cette dernière à 5,9% au terme du premier trimestre 2012 - sera presque doublé, passant à 10,8% d'ici à fin décembre, a-t-il souligné.

Quant au ratio de fonds propres dits «durs» défini par la réglementation, il devrait atteindre 9,4%. Il sera ainsi très proche des 10% exigés d'ici à fin 2018.

Economiser 1 milliard de plus

Le groupe prévoit aussi d'économiser davantage. En avance sur son plan de réduction des coûts entamé l'an dernier, il a déjà réalisé l'objectif de 2 milliards de francs qui était fixé pour fin 2013. Il remonte l'objectif à 3 milliards, soit 1 milliard de plus.

Sur ce milliard, 450 millions de francs touchent la gestion de fortune (Private Banking) et 550 millions la banque d'affaires (Investment Banking). Pour mémoire, Credit Suisse a déjà annoncé il y a un an 2000 suppressions d'emplois dans le monde, puis en novembre 1500. Il occupe au total quelque 48'000 personnes.

Interrogé au sujet de l'impact des nouvelles économies, Brady Dougan n'a pas donné de détails. Mais en se basant sur son allusion aux suppressions qui ont résulté des précédentes mesures, comparativement, cela pourrait tourner autour du millier de postes. Il y aura des licenciements dans quelques secteurs.

L'Association suisse des employés de banques (ASEB) observe un sentiment d'impuissance chez les collaborateurs en Suisse face aux mesures qui se succèdent. Elle en appelle au patron des activités suisses afin qu'il s'engage personnellement en faveur des postes helvétiques et défende le «swissness» de la banque.

Réactions positives

La BNS salue pour sa part les mesures en matière de capitalisation, qui «amènent une augmentation rapide et significative des fonds propres de Credit Suisse capables d'absorber des pertes. Dans un environnement économique et financier qui reste particulièrement difficile pour le système bancaire international, ces mesures renforcent de manière substantielle sa capacité de résistance».

Du côté des analystes, ces efforts sont jugés positifs. Certains observent tout de même que ce revirement après avoir critiqué la BNS jette certains doutes quant à la crédibilité du management.

Reste que l'action Credit Suisse, qui évoluait récemment à ses plus bas niveaux depuis près de 20 ans, a décollé à la Bourse suisse. Elle gagnait 5% à 18 francs à 17h10, dans un marché en hausse, après avoir atteint 18,30 francs en cours de séance.

A noter que la banque envisage de verser pour 2012 un dividende de 75 centimes sous forme d'actions et de ne reprendre des versements en cash que quand la base de capital sera au niveau exigé par la réglementation. C'est le conseil d'administration qui tranchera. (ats)

Bénéfice net stable au deuxième trimestre

Credit Suisse a dégagé un bénéfice net de 788 millions de francs au deuxième trimestre 2012. Le résultat, quasiment stable par rapport au deuxième trimestre 2011 (768 millions), s'avère nettement supérieur à celui du premier trimestre 2012 (44 millions).

L'unité de gestion de fortune (Private Banking) a inscrit un résultat avant impôts de 775 millions de francs. Le résultat affiche une progression de 28% par rapport au premier trimestre, mais une baisse de 7% par rapport au deuxième trimestre 2011. La division a notamment profité d'une amélioration du résultat des opérations d'intérêts et de celui des opérations de commissions.

La banque d'investissement a réalisé pour sa part un bénéfice avant impôts de 383 millions de francs. La performance est en recul de 62% par rapport au premier trimestre, mais en hausse de 84% sur un an.

De son côté, la gestion institutionnelle (Asset Management) a enregistré un bénéfice avant impôts de 133 millions de francs, soit une baisse de 48% par rapport au trimestre précédent et de 37% sur un an. L'afflux d'argent frais pour l'ensemble de la banque s'est inscrit à 4,4 milliards de francs.

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