Libye : Créer un parti politique n'est plus un crime
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Libye Créer un parti politique n'est plus un crime

Le Conseil national de transition (CNT) libyen a abrogé mercredi une loi criminalisant depuis 1972 toute organisation politique. Cette loi avait été imposée durant le règne de Kadhafi.

Pendant ses quatre décennies au pouvoir, le colonel Kadhafi prônait l'Etat de masses et la «démocratie directe» par le biais des «Congrès populaires de base». Ceux-ci constituaient alors en théorie l'instance suprême du pouvoir dans le pays.

Il n'avait lui-même aucun poste officiel à la tête de l'Etat et n'était, selon lui, que le «Guide» qui prodiguait ses conseils.

Dans les faits, son régime fonctionnait sur un mode à la fois autoritaire et arbitraire. Il interdisait les partis et ne tolérait pas les organisation indépendantes issues de la société civile.

L'agence Wal a précisé que «le régime despotique de Kadhafi tuait la vie politique et imposait ses idées aux Libyens par la force».

Plusieurs partis ont été créés en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi fin août. Certains avaient même été créés avant sa chute, à Benghazi (est), capitale de la rébellion pendant plus de six mois.

Des ex-rebelles rejettent la nomination du chef d'état-major

Une coalition de brigades d'anciens rebelles a rejeté mercredi la nomination du chef d'état-major pour la future armée libyenne, accusant le Conseil national de transition (CNT) d'avoir ignoré leurs candidats à ce poste.

«Nous rejetons toute personne qui ne figure pas sur la liste des candidats présentée par les thowars (ex-rebelles)», a déclaré à l'AFP Bahloul Assid, un des membres fondateurs de la Coalition des thowars de Libye, une organisation qui regroupe plusieurs factions de différentes régions.

Youssef al-Mangouch, ancien colonel de l'armée libyenne et actuel vice-ministre à la Défense, a été nommé mardi par le CNT chef d'état-major de l'armée libyenne et a simultanément été promu général, selon plusieurs membres du CNT.

En décembre, lors d'un congrès de cette coalition, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, avait demandé aux thowars de présenter un ou des candidats au poste de chef d'état-major de l'armée.

Après des tractations, les thowars s'étaient mis d'accord sur une liste de six hauts-gradés de l'ancienne armée libyenne qui avaient participé activement aux combats des rebelles contre le régime de Mouammar Kadhafi. Mais le nom du nouveau chef d'état-major ne figure pas sur cette liste.

«Les thowars se sont mis d'accord pour soutenir le candidat qui devait être sélectionné parmi la liste de noms proposés (...) Nous pensons que la procédure qui a conduit à la nomination de M. Mangouch est illégale», a déclaré M. Assid.

«La nomination d'un chef d'état-major (...) ne se passera pas aussi facilement», a-t-il ajouté. Le poste de chef d'état-major était vacant depuis l'assassinat d'Abdelfattah Younès, qui commandait les forces rebelles dans l'Est libyen pendant le soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi.

M. Mangouch était en retraite anticipée jusqu'au déclenchement en février de l'insurrection qui s'est transformé en combat armé et a conduit au renversement du colonel Kadhafi.

Il était l'un des commandants des forces rebelles dans la région de l'Est jusqu'en avril, quand il a été arrêté près de Brega (est) par les forces kadhafistes. Il a été libéré fin août dans la foulée de la libération de Tripoli.

(ats)

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