Thaïlande: Crime de lèse-majesté: dernier recours rejeté

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ThaïlandeCrime de lèse-majesté: dernier recours rejeté

Une éditrice avait été reconnue coupable en mai 2012 de ne pas avoir supprimé assez rapidement des commentaires postés sur le forum de son site. La cour suprême confirme la sanction.

La Thaïlande possède une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde. Et dans un contexte de grande inquiétude autour de la santé du roi de 88 ans (en portrait sur la photo), hospitalisé depuis des mois, la loi est utilisée à tout-va par la junte arrivée au pouvoir après un coup d'Etat en mai 2014.

La Thaïlande possède une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde. Et dans un contexte de grande inquiétude autour de la santé du roi de 88 ans (en portrait sur la photo), hospitalisé depuis des mois, la loi est utilisée à tout-va par la junte arrivée au pouvoir après un coup d'Etat en mai 2014.

Keystone/ARCHIVES

La cour suprême thaïlandaise a confirmé mercredi la peine avec sursis infligée à l'éditrice d'un site internet condamnée pour des commentaires qui avaient été postés sous un article et qui sont jugés insultants envers la monarchie. Ce dossier symbole avait provoqué les critiques internationales.

Chiranuch Premchaiporn avait été reconnue coupable en mai 2012 de ne pas avoir supprimé assez rapidement des commentaires postés sur le forum de son site Prachatai, en 2008. La justice s'appuyait sur la loi sur l'informatique.

Cette affaire est devenue un symbole de la lutte pour la liberté d'expression. L'éditrice avait été condamnée à huit mois de prison avec sursis, une peine confirmée en appel en novembre 2013 puis par le plus haut tribunal thaïlandais mercredi.

«Je suis déçue par le verdict et je pense que l'interprétation de la loi est un fardeau pour les webmasters», a déclaré à l'AFP Chiranuch après la décision.

Inquiétude sur la santé du roi

La Thaïlande possède une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde. Et dans un contexte de grande inquiétude autour de la santé du roi de 88 ans, hospitalisé depuis des mois, la loi est utilisée à tout-va par la junte arrivée au pouvoir après un coup d'Etat en mai 2014.

Parmi les récentes poursuites engagées: l'ambassadeur des Etats-Unis est sous le coup d'une enquête et, début décembre, un homme a été inculpé pour avoir manqué de respect au chien du roi.

Les sentences sont souvent de plus en plus lourdes, sans possibilité de faire appel maintenant puisque tous ces cas sont jugés par des tribunaux militaires. En août, signe du raidissement des autorités, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une mère de deux jeunes enfants à 28 ans pour des messages diffusés sur les réseaux sociaux.

Pour Sunai Phasuk de Human Rights Watch, la condamnation de Chiranuch «renforce le contrôle de la liberté d'expression». «De plus en plus de modérateurs internet et de webmasters vont censurer les discussions sur la monarchie, de peur d'être eux aussi poursuivis pour les commentaires postés par d'autres personnes», a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

Menace sur l'avenir d'internet

A l'énoncé du verdict en première instance, le géant de l'internet Google avait qualifié la condamnation de Chiranuch de «menace sérieuse pour l'avenir d'internet». L'Union européenne s'était inquiétée pour la liberté d'expression dans le pays.

Prachatai, qui publie en thaï et en anglais, est l'un des rares sites d'information thaïlandais à publier des articles approfondis concernant la diffamation royale. En octobre, l'AFP a décerné à Mutita Chuachang, une journaliste du site, le prix Kate Webb pour sa couverture des procès de lèse-majesté. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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