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PologneCrimes communistes: prescription abrogée?

la loi sur la prescription des crimes commis lors du régime communiste avait été introduite en 1997. Varsovie veut l'abroger.

Le procureur général et ministre polonais de la justice Zbigniew Ziobro

Le procureur général et ministre polonais de la justice Zbigniew Ziobro

Keystone

Le gouvernement conservateur polonais veut abroger la loi sur la prescription des crimes commis lors du régime communiste. Celle-ci avait été introduite en 1997 par la gauche post-communiste alors au pouvoir en Pologne. Cette loi couvre la période de 1944 à 1989.

Le procureur général et ministre polonais de la justice Zbigniew Ziobro a saisi le Tribunal constitutionnel au sujet des dispositions au code pénal ayant donné «des garanties d'impunité» aux fonctionnaires du régime communiste en fonctions durant ces années-là, a indiqué samedi l'agence de presse polonaise PAP.

Sont visés des crimes passibles de cinq ans de prison comme la torture ou autre forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant, infligé intentionnellement par des fonctionnaires de la police politique à l'égard de militants anticommunistes. Selon Ziobro, les auteurs de ces crimes ont bénéficié «d'omissions volontaires de poursuites par la justice».

Décommunisation

Le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis deux ans, a fait de la «décommunisation» le mot clé de sa politique. Il accuse le gouvernement libéral précédent de n'avoir pas fait assez dans l'épuration du pays des vestiges du communisme, et même d'avoir protégé les communistes, selon un accord tacite entre l'ancienne opposition de Solidarnosc et le pouvoir communiste lors de la transition politique de 1989.

Le PiS mène également une vaste politique historique qui se traduit notamment par le changement des noms de rues ou la démolition de monuments de l'époque communiste encore en place dans l'espace public et la réécriture de manuels d'histoire dans l'enseignement.

Aucun ancien responsable communiste n'a toutefois été condamné pour des crimes commis pendant plus de cinq décennies où le régime a gouverné le pays. Les procédures engagées ont toutes abouti à des non-lieux ou à des acquittements lors de procès qui ont duré de longues années. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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