Fribourg: Criminalité maghrébine sous contrôle
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FribourgCriminalité maghrébine sous contrôle

La police cantonale fribourgeoise a présenté mardi les résultats de l'opération EDEN. Son but: lutter contre la criminalité héritée du printemps arabe. Les résultats sont jugés satisfaisants.

par
David Maccabez
La police cantonale fribourgeoise a présenté mardi les résultats de sa campagne de lutte contre la criminalité magrébine.

La police cantonale fribourgeoise a présenté mardi les résultats de sa campagne de lutte contre la criminalité magrébine.

EDEN: c'est le nom donné à l'opération de la police cantonale fribourgeoise menée entre juin 2011 et avril 2012. Un nom choisi afin de «redonner à la ville un air de paradis», explique le capitaine Jacques Meuwli, chef de la région centre pour la gendarmerie.

A la suite de la vague de vols par effraction (dans les véhicules y compris) constatée durant l'année 2011, avec une pointe à 242 cas en décembre, les pandores devaient agir. Principale cause du problème, la criminalité des requérants du nord de l'Afrique, arrivés à la suite du Printemps arabe.

La police se félicite mardi des résultats positifs d'EDEN. Grâce à une politique répressive et des contrôles systématiques dans les espaces publics et les foyers, le nombre de vols a de nouveau atteint des proportions «normales». Si l'opération est désormais terminée, les forces de l'ordre restent vigilantes et sont prêtes à repartir en campagne.

66 interpellations

Durant les dix mois de l'opération, 75 personnes ont été contrôlées, dans les jardins et établissements publics de la ville. 66 hommes, pour la plupart entre 20 et 35 ans et tous requérants d'asile (déboutés ou non) et originaires du Maghreb, ont été interpellés. Leurs spécialités: le vol à l'étalage, à la tire, à l'arraché et à l'astuce, parfois avec violence.

Les investigations ont permis de saisir téléphones portables, vêtements et argent volés. 240 grammes de cocaïne et 40 grammes de haschich ont aussi été interceptés.

Expulsions

Si la Suisse ne dispose pas d'accord de réadmission avec les pays d'Afrique du Nord, quatorze de ces malfrats ont été renvoyés dans d'autres pays de l'Espace Schengen, par où ils étaient arrivés. «Ils sont cependant très vite revenus», tempère Jean-Pascal Tercier, chef du commissariat criminel de la police judiciaire.

Les cas de récidive sont donc fréquents. Florian Walser, chef de la police de sûreté, avoue qu'«on lutte contre les symptômes et pas vraiment contre le problème». De même, les policiers s'interrogent sur les effets à long terme. «On se demande si nous n'avons pas simplement déplacé le problème dans les centres urbains alentours, comme Lausanne ou Berne». Car tant que les obstacles juridiques et administratifs ne seront pas levés, difficile de parler d'une problématique résolue.

Le manque de place chronique dans les prisons et l'impossibilité de renvoyer les délinquants dans leur pays d'origine laissent en effet les autorités face à une impasse.«Avec l'introduction du nouveau code de procédure pénale, nous avions un peu plus de place dans les prisons. Mais la situation actuelle est devenue similaire à avant. Ce qui m'inquiète, c'est que des agents hésitent à interpeller des criminels à cause de cela.»

Le département de la sécurité est satisfait

Absent lors de la conférence de presse, le chef département de la sécurité, s’est félicité, via son chargé de communication, de cette opération, menée en collaboration avec les commerçants de la ville et le Service de la population et des migrants. «EDEN correspondait à un besoin en matière de sécurité publique et y a répondu», a réagi Didier Page.

Collaboration

L'opération EDEN a été menée en collaboration avec les commerçants de la ville. «Les tenanciers nous ont permis d'obtenir les informations nécessaires afin d'intervenir au mieux», dit Jacques Meuwli. «Eux-aussi ont remarqué que la situation s'était améliorée», a continué le chef de la région centre.

Le Service de la population et des migrants (SPOMI) a lui aussi été impliqué, via les centres d'accueils. «Les responsables des foyers nous ont renseigné sur les activités suspectes qu'ils ont pu remarquer», finit le policier.

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