Actualisé 05.01.2016 à 23:32

SyndicatsCriminels étrangers: l'USS contre l'initiative UDC

L'Union syndicale suisse (USS) dit «non» à l'initiative UDC pour le renvoi effectif des étrangers criminels.

L'UDC ne veut pas de criminels étrangers sur le sol suisse, mais est divisée sur le sort des ressortissants étrangers de deuxième génération.

L'UDC ne veut pas de criminels étrangers sur le sol suisse, mais est divisée sur le sort des ressortissants étrangers de deuxième génération.

photo: Keystone

Pour l'Union syndicale suisse, l'initiative agrarienne sur le renvoi des criminels étrangers constitue une menace pour beaucoup de membres de syndicats et leurs descendances qui vivent et travaillent en Suisse.

«L'initiative est une attaque directe contre les nombreux 'secondos' qui ont toujours vécu ici et contre leur famille», a déclaré mardi à Berne Paul Rechsteiner, président de l'USS lors de sa conférence annuelle. Beaucoup de syndiqués sont concernés de près, a-t-il poursuivi.

Affaiblir les droits humains

Quiconque commet un délit doit être puni, mais il ne doit pas de surcroît perdre sa vie sociale en étant expulsé. «Les 'secondos' appartiennent à la Suisse», estime le St-Gallois.

Avec ce texte, l'UDC souhaite affaiblir les droits humains et certaines valeurs centrales de la constitution suisse, comme le principe de proportionnalité et la séparation des pouvoirs. Pour le président de l'USS, il s'agit d'une votation centrale qui concerne toute la société ainsi que l'économie. (nxp/ats)

La politique de l'UDC provoquerait davantage de naturalisations

Les naturalisations seraient en forte hausse en Suisse. Selon un professeur neuchâtelois, elles sont passées de 33'000 en 2014 à 38'000 l'année dernière, une progression de 15%. Cette augmentation s'expliquerait par la politique de l'UDC qui cible les étrangers. Avec l'initiative contre l'immigration de masse et celle de mise en oeuvre concernant les étrangers criminels, les incertitudes liées à ces votations pousseraient les étrangers à se faire naturaliser, a expliqué mardi le professeur de géographie humaine à l'Université de Neuchâtel Etienne Piguet au «Journal du matin» de la radio RTS. La tendance était pourtant à la baisse depuis 2008.

«Il s'agit d'une réaction aux fermetures que représente le vote du 9 février», a-t-il poursuivi. «Une partie des étrangers peuvent se sentir désécurisés et peuvent avoir peur de perdre leur permis de séjour, par exemple en cas de chômage». Résultat, «acquérir la nationalité suisse, c'est éviter ce risque». Et d'observer: la Suisse avait déjà connu ce scénario lors des années Schwarzenbach à la fin des années 1960, l'histoire se répète.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!