Actualisé 23.04.2008 à 09:35

Crise à la RSR: «Goldorak» à la rescousse de la Radio

Un spécialiste engagé par la Radio Suisse Romande (RSR) pour mieux communiquer inonde le blog de Jorge Resende sous un pseudo.

Depuis le 12 avril, un certain Goldorak sévit sur le blog de Jorge Resende, l'informaticien licencié par la Radio Suisse Romande (RSR) dans le cadre de l'affaire des fichiers pédophiles. Qui agit sous ce pseudonyme et surtout quelles sont ses intentions? Derrière Goldorak se cache Mathieu Janin, de l'entreprise de communication Rochat & Partners. Problème: ce spécialiste de la communication de crise a été engagé par la RSR pour l'aider à «communiquer de la façon la plus transparente possible et à rétablir un climat de confiance». Alors pourquoi se cacher derrière un pseudonyme? «C'est une initiative personnelle de ma part», se justifie Mathieu Janin. «Il est important de créer un lien entre partie adverse et soi-même».

Pour Jorge Resende, cette procédure est malhonnête: «Je suis sûr que le but de cette personne est de fatiguer les gens qui écrivent sur mon site. Il était en train d'inonder mon blog. Un matin, il y avait 4 à 5 messages de Goldorak», se plaint Jorge Resende. L'informaticien se défend de vouloir censurer des intervenants. «Son objectif, c'était de me discréditer, je n'ai pas de doute là-dessus. Il avait d'ailleurs commencé par nier son lien avec la RSR.» Utiliser un pseudo pour renouer le dialogue, la méthode est plutôt douteuse.

Didier Bender

«Jouer les sous-marins est discutable»

Ebranlée dans l’affaire des fichiers pédophiles, la direction de la RSR a engagé un conseiller en communication pour «communiquer de manière transparente et rétablir la confiance». En agissant sur le blog de l’informaticien Jorge Resende sous un pseudonyme, cet expert a-t-il choisi la bonne option?

Conseillère en communication, Véronique Sulliger, administratrice de l’agence Filigrane S.A. à Montreux, ne partage pas les méthodes utilisées. Son avis est clair: «Le travail de sous-marin est très discutable. Je prône l’ouverture et la clarté. Dans ce dossier, l’aspect «pseudo» me dérange. Il faut avancer à visage découvert».

Utiliser ses outils pour faire passer son message: la stratégie est enseignée dans les cours de communication. Véronique Sulliger imagine mal conseiller à un client d’user d’un pseudo. «C’est une question de déontologie», rappelle la spécialiste. «Une lettre de lecteur, c’est aussi un très bon vecteur, mais seulement si le signataire est réel.» Autrement dit: si c'est la bonne personne, clairement identifiable, qui exprime son opinion.

«Cette crise a été gérée de façon catastrophique d’un point de vue communication. Et on continue d’alimenter les rumeurs en avançant caché», conclut la conseillère en communication.

dbe

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!