Crise ukrainienne: Crise du gaz russe: la Suisse a un plan B
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Crise ukrainienneCrise du gaz russe: la Suisse a un plan B

Un défaut de gaz ne menacerait pas l'approvisionnement de la Suisse tandis que le ministre russe de l'Energie a mis en garde vendredi contre les risques qui pèsent sur les livraisons vers l'Europe.

Moscou a relevé l'éventualité «que le gaz livré par Gazprom pour l'Europe soit illégalement prélevé par l'Ukraine pour ses propres besoins». «La situation est hautement critique à l'approche de la saison de chauffage», a déclaré le ministre russe, lors d'une conférence de presse avec le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger. La Russie a coupé mi-juin ses livraisons de gaz à l'Ukraine, qui refuse la hausse des prix imposée par Gazprom après l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux. Kiev a ainsi accumulé 5,3 milliards de dollars, selon M. Novak.

Cette décision fait craindre des perturbations des livraisons de gaz russe vers l'Union européenne, comme lors des précédentes «guerres du gaz» en 2006 et 2009. Près de la moitié de ces livraisons transite par le territoire ukrainien. L'Ukraine a reconnu récemment qu'elle ne disposait pas suffisamment de gaz en réserve pour répondre à ses besoins pendant l'hiver. Kiev a accusé Moscou cette semaine de vouloir couper le gaz à l'Europe.

Mais la Suisse est bien armée pour répondre à une éventuelle répétition de la crise russo-ukrainienne du gaz naturel de 2009, constate l'Office fédéral de l'énergie dans une étude publiée vendredi.

L'épisode de 2009 a conduit l'Union européenne à renforcer sa gestion des crises et à instituer un groupe de coordination pour le gaz. Conviée de manière ponctuelle depuis l'année dernière, la Suisse veut participer à ce cercle de manière permanente.

Selon l'étude réalisée par la Confédération avec l'industrie gazière, l'approvisionnement en gaz naturel des clients peut être assuré aussi bien en cas de défaillance de la plus grande infrastructure d'approvisionnement que dans les conditions météorologiques ou de consommation extraordinaires.

Installations bicombustibles

De nombreuses installations sont bicombustibles. Sur environ 300'000 installations, 7000 dans les entreprises de l'industrie ou des services ainsi que les grandes installations de chauffage peuvent passer du gaz naturel au mazout. La consommation de gaz en Suisse peut ainsi être réduite en peu de temps de 30%.

Des réserves obligatoires représentant quatre mois et demi de consommation ont en outre été constituées pour parer un sous-approvisionnement général simultané de mazout. Des achats supplémentaires de gaz sur le marché avaient toutefois permis d'éviter le délestage lors de la crise du gaz de 2009 et la mise hors service du gazoduc de transit près de Guttannen (BE) en 2010.

L'approvisionnement sera encore plus sûr à partir de 2018. Le flux physique du gazoduc de transit pourra alors être inversé, ce qui permettra de transporter du gaz à partir du sud. La Suisse répond ainsi au règlement de l'UE exigeant une évaluation des risques et un plan d'action.

Guerre des cartes sur Twitter entre le Canada et la Russie

La tension entre les Occidentaux et la Russie sur l'Ukraine s'est illustrée sur Twitter, où Canadiens et Russes se sont affrontés à coup de cartes.

Mardi, Kiev a diffusé des témoignages vidéo de parachutistes russes capturés la veille dans l'est de l'Ukraine, ce qui constituait une première preuve matérielle de la participation des forces régulières russes dans les combats.

Le ministère russe de la Défense avait affirmé qu'ils avaient traversé la frontière «par accident».

La délégation canadienne auprès de l'Otan a alors publié une carte sur son compte Twitter. La Russie apparaît en rouge barrée d'un «Russie», et l'Ukraine en bleu avec la mention «Pas Russie». Avec ce commentaire: «La géographie peut être difficile. Voici un guide pour les soldats russes qui se perdent et pénètrent accidentellement en Ukraine».

La carte, publiée mercredi, a été retwittée des milliers de fois.

(20 minutes/ats)

Gaz secondaire

La consommation de gaz pour la production d'électricité et de chaleur à distance joue un rôle secondaire en Suisse. En 2013, le gaz naturel a couvert 13,5% de la consommation finale d'énergie. Les ménages sont le plus grand groupe de consommateurs (42%) devant l'industrie (33%) et les services (23%). Les dépenses des consommateurs finaux se sont élevées à 2,84 milliards de francs.

Le pays couvre trois quarts de ses besoins grâce à des fournisseurs d'Europe occidentale. Un quart provient de zones d'extraction russes et transite par les pays environnants. La Suisse n'a toutefois pas de contrats directs avec des entreprises russes. Elle constitue le principal pays de transit du gaz naturel pour l'UE.

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