Italie: Crise oblige, on solde le pain à Rome
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ItalieCrise oblige, on solde le pain à Rome

Certaines échoppes vendent le pain de la veille à moitié prix. En raison de difficultés financières, de nombreux habitants souhaitent économiser sur ces achats.

Les retraités cherchent particulièrement à acheter du pain à moindre prix

Les retraités cherchent particulièrement à acheter du pain à moindre prix

Boulangeries fermées, baisse de production du pain, et... pain en solde: la crise et la récession qui frappent l'Italie s'illustrent jusque dans les célèbres «forni» («fours») de Rome.

«Offre anticrise: le pain qui reste est vendu le lendemain à moitié prix»: cette affichette dans une échoppe du Trionfale, l'un des marchés historiques de la capitale, révèle les difficultés des Italiens dans un pays en pleine récession.

Demande des retraités

«Depuis quelque temps, des clients nous demandaient à voix basse d'acheter le pain de la veille pour économiser», a raconté au quotidien romain «Il Messaggero» Cesara Chiappini, propriétaire de cette boulangerie.

«Ce sont surtout des retraités qui nous le demandent, mais aussi des jeunes mamans: sur 2,35 euro, elles économisent 1,17 euro, ce n'est pas beaucoup, mais au moins elle peuvent acheter un kilo de légumes», ajoute-t-elle.

Selon Assopanificatori, le Syndicat national des boulangers, 60 boulangeries romaines ont mis la clé sous la porte en 2012. Dans toute la province, il n'en resterait que 600.

Baisse de production

La production de pain a quant à elle baissé de 10% en 2012, signe que les Romains ont commencé à économiser non seulement sur les vêtements et les chaussures, mais aussi sur l'alimentation. L'année dernière, selon Coldiretti, la principale association d'agriculteurs italiens, 9% des Romains se sont nourris grâce aux organisations caritatives.

Il y a dix ans, un Italien achetait 200 grammes par jour de pain; aujourd'hui, ce n'est plus que 80 grammes, selon «Il Messaggero».

Une désaffection qui s'explique aussi par d'autres facteurs selon Bernardino Bartocci, président d'Assopanificatori, notamment les loyers trop élevés ou «la concurrence des supermarchés qui vendent le pain surgelé comme s'il était frais».

Selon l'Institut italien des statistiques, Istat, 71% des Italiens ont modifié la quantité et la qualité des produits qu'ils achètent et ont pratiquement éliminé les dépenses concernant les visites et analyses médicales. (afp)

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