Séisme en Chine: Critiques sur la qualité des constructions
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Séisme en ChineCritiques sur la qualité des constructions

Le bilan d'au moins 80 morts du tremblement de terre qui a frappé vendredi le sud-ouest de la Chine aurait pu être bien moindre si les édifices avaient bénéficié d'une meilleure qualité de construction.

«De nombreuses maisons bâties de façon médiocre n'ont pas résisté au séisme et ont été réduites à l'état de décombres», a souligné dans un éditorial le journal «Global Times». La secousse tellurique, d'une magnitude de 5,7 selon l'Agence de sismologie chinoise et de 5,6 selon l'Institut de géophysique américain (USGS), «aurait causé bien moins, voire aucune victime dans une zone plus développée», a jugé le quotidien.

Selon le «Global Times», le tremblement de terre «illustre la vulnérabilité de la Chine aux catastrophes naturelles», dans un pays où «beaucoup préfèrent avoir une maison ou un appartement plus grand, plutôt que plus sûr mais plus cher». Le séisme, qui a endommagé des milliers d'édifices, s'est produit à la frontière des provinces du Yunnan et du Guizhou. Une région relativement peu développée qui compte une forte proportion de minorités ethniques, notamment des Miao et des Hui.

Les édifices bâtis dans les zones rurales chinoises sont souvent construits avec des matériaux de qualité médiocre et les normes antisismiques sont rarement respectées. «La Chine doit chercher à se développer à la fois en terme de rapidité et de qualité», a enfin estimé le quotidien.

Polémiques à répétitions

Au coeur de récents scandales ou accidents ayant coûté des vies en Chine, ce qui a déclenché la colère populaire, se trouve en effet l'idée que les autorités ont accordé la priorité au développement économique plutôt qu'au bien-être des citoyens.

Cette critique a notamment fusé lors du scandale du lait contaminé en 2008 ou après la collision de deux trains à grande vitesse en juillet 2011 (40 morts et près de 200 blessés).

Elle avait également été au centre de la polémique qui s'était développée après le puissant tremblement du terre dans la province du Sichuan, qui avait fait près de 70.000 morts et 18.000 disparus en mai 2008. Cette catastrophe avait entraîné la destruction de nombreuses écoles et la mort d'élèves et enseignants, ce qui avait provoqué colère et indignation dans les familles.

Ces dernières avaient mis en cause la mauvaise qualité des matériaux utilisés pour la construction des bâtiments, l'expliquant par la corruption des responsables locaux.

seb/mc

(afp)

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