Philippines: Croissance solide pour les débuts de Duterte
Actualisé

PhilippinesCroissance solide pour les débuts de Duterte

L'archipel en tête des pays émergents d'Asie même si les diatribes du président font ployer le peso et la Bourse.

Rodrigo Duterte à Manille. (14 novembre 2016)

Rodrigo Duterte à Manille. (14 novembre 2016)

Keystone

Les débuts du président philippin Rodrigo Duterte ont été marqués par une croissance économique solide qui place l'archipel en tête des pays émergents d'Asie même si ses diatribes et ses insultes font ployer le peso et la Bourse.

Selon des chiffres rendus publics jeudi par la secrétaire d'Etat à l'Economie Rosemarie Edillon, le taux de croissance au troisième trimestre s'est élevé à 7,1%, contre 6,8% attendus par les analystes.

C'est mieux que la croissance chinoise (+6,7%) et ce taux dépasse ceux des principales économies émergentes pour la même période, a ajouté Mme Edillon dans un communiqué. Les indicateurs indiens sont attendus à la fin du mois.

Cette annonce a surpris les spécialistes qui jugeaient risquées la guerre meurtrière contre la drogue lancée par Rodrigo Duterte et ses insultes à ce sujet contre les Etats-Unis et l'ONU.

«Toutes choses égales par ailleurs, notre solide croissance au troisième trimestre est un bon signe pour l'avenir», a ajouté la ministre.

La croissance a été portée par l'accélération des investissements, en particulier dans le BTP et les infrastructures, ainsi que par la consommation des ménages, encouragée par la faiblesse de l'inflation et des taux d'intérêts. Les exportations ont augmenté de 7,8%.

Surprise des marchés

«Les marchés financiers sont surpris», a déclaré à l'AFP Astro del Castillo, analyste chez First Grade Holdings. Mais «cela montre que les fondamentaux demeurent intacts malgré le vacarme politique».

La Bourse, qui est à son niveau le plus bas depuis sept mois, a avancé de 1% jeudi mais le peso philippin restait scotché à des plus bas de près de huit mois. Les analystes expliquent ces tendances par la politique menée par le gouvernement philippin mais aussi les investisseurs qui parient sur une hausse des taux d'intérêt américains.

Comme d'autres institutions économiques étrangères, l'agence de notation financière Standard and Poor's avait jugé que la politique anticriminalité de Rodrigo Duterte menaçait l'économie de l'archipel et ses institutions démocratiques.

Plus de 4000 personnes ont été tuées depuis sa prise de fonctions le 30 juin. Environ 1800 ont été abattues par la police tandis que les circonstances de 2600 autres meurtres n'ont pas été clairement établies, selon des statistiques officielles. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion