Cyclisme: contrôles positifs au Tour de France 2006
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Cyclisme: contrôles positifs au Tour de France 2006

Les 13 cyclistes contrôlés positif lors du Tour de France 2006 seront bientôt sous la loupe des experts de l'Agence française de lutte contre le dopage.

Celle-ci a annoncé vendredi l'audition de Floyd Landis et l'examen des 12 coureurs positifs munis d'une autorisation thérapeutique.

«Floyd Landis a été convoqué le 8 février», a indiqué M. Pierre Bordry, président de l'AFLD, suggérant que le vainqueur en sursis du Tour de France, avec qui il est en «contact régulier», serait sans doute représenté par un de ses avocats. «Il s'agira d'un débat contradictoire et nous écouterons les arguments qu'il va avancer pour sa défense.»

Contrôlé positif à la testostérone après sa victoire dans l'étape de Morzine le 19 juillet, Landis s'est depuis défendu en arguant d'un vice de procédure lors de l'analyse de l'échantillon B, également positif, et les erreurs passées du laboratoire de Châtenay-Malabry qui l'a effectuée.

Comme c'est la règle, «trois experts assistaient à l'ouverture et l'examen de l'échantillon B, dont un mandaté par Floyd Landis», a rappelé M. Bordry, écartant ainsi l'argument de l'Américain.

Au terme de l'audition, l'AFLD devra décider si le contrôle positif du coureur équivaut à un cas de dopage. Mais l'Agence ne possédant aucun pouvoir de sanction autre que celui d'interdire à Landis de participer temporairement à des compétitions en France, son avenir dépendra ensuite, en cas de culpabilité reconnue, des fédérations, nationale (US Cycling) et internationale (UCI). Au terme du processus, Landis risque deux ans de suspension.

Dossier exigeant et peut-être explosif

En parallèle à ce cas, certes médiatique mais néanmoins unique, l'AFLD va s'attaquer à un chantier exigeant et qui pourrait devenir tout aussi explosif.

«Fin janvier, nous allons commencer l'examen des douze contrôles positifs du dernier Tour de France pour lesquels les sportifs ont présenté des autorisations d'utilisation thérapeutique (AUT)», a indiqué M. Bordry.

En septembre déjà, révélant que 60% des 105 coureurs contrôlés lors du Tour avaient déclaré une AUT, M. Bordry avait estimé que ce chiffre suscitait «des doutes sérieux et laiss(ait) à penser que (les AUT) peuvent cacher des pratiques dopantes.»

«Il y a un certain nombre de personnages importants du Tour de France qui ont été contrôlés positif, certains même plusieurs fois» sous AUT, a rappelé M. Bordry, vendredi. Outre celui de Landis, seize contrôles s'étaient révélés positif durant le dernier Tour, correspondant à 12 coureurs sous AUT.

«On ne se satisfait pas d'un document administratif issu d'une Fédération internationale. On veut savoir si ça correspond à un traitement», a-t-il poursuivi, notant que les AUT dites «standards» étaient rarement refusées par les fédérations internationales et qu'elles pouvaient être basées sur les recommandations de médecins complaisants.

Les médecins de l'AFLD vont donc vérifier si l'autorisation correspond au niveau du produit décelé lors du contrôle positif et à une réelle pathologie. «Si un sportif a de l'asthme, on ne peut pas l'empêcher de prendre du salbutamol (interdit) mais je veux vérifier s'il a de l'asthme», a indiqué M. Bordry.

En septembre, l'AFLD a écrit aux 12 coureurs concernés et à l'Union cycliste internationale afin de recevoir les justificatifs aux AUT. «Il y en a qui manquent», note M. Bordry, sans préjuger de ce que signifie cette absence...

(ats)

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