Cyclone en Birmanie : des progrès lents
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Cyclone en Birmanie : des progrès lents

L'ONU et des ONG occidentales s'accrochaient lundi à une mince promesse faite par la junte birmane de laisser entrer et travailler les humanitaires étrangers, plus de trois semaines après le cyclone Nargis.

Pour l'heure, les progrès sont lents. «Les modalités pratiques sont en discussion, mais nous sommes sur la bonne voie», a toutefois estimé Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires à Genève, interrogée par l'ATS.

«Le nombre de visas délivrés augmente, les hélicoptères du Programme alimentaire mondial ont été acceptés, une centaine d'internationaux sont à Rangoun, il y a des progrès», a ajouté la porte-parole au lendemain de la visite du secrétaire général de l'ONU à Rangoun et de la conférence des donateurs.

Pas de miracles

«Il n'y aura pas de raz-de-marée spectaculaire de l'aide internationale, il ne faut pas s'attendre à des miracles», a-t-elle expliqué. Selon l'ONU, l'aide n'est pas une question de nombre. Il n'y a pas besoin de «milliers d'humanitaires», il faut surtout des experts qualifiés, par exemple pour la purification de l'eau, la logistique et la coordination.

La mise en place de cinq cellules humanitaires de l'ONU dans le delta de l'Irrawaddy est en cours, a indiqué Mme Byrs. Une mission d'évaluation de l'ONU et des ONG a pu se rendre dans la région du delta et est revenue lundi à Rangoun.

Selon l'ONU, il n'y a pas de risque de famine ou d'épidémies actuellement parmi les 2,5 millions de sinistrés. «Les Birmans se contentent de peu et s'entraident», a souligné la porte-parole. Le dernier bilan de la catastrophe fait état d'au moins 133 600 morts et disparus.

Ban: climat de «confiance»

Louant un «nouvel esprit de coopération» après avoir obtenu de la junte l'ouverture du pays aux humanitaires, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a toutefois reconnu que des divergences subsistaient avec un régime historiquement méfiant à l'égard des Occidentaux et obsédé par sa souveraineté.

Les Nations unies jugent que «nous sommes encore clairement dans la phase d'urgence», tandis que la junte plaide déjà pour «la reconstruction», a précisé le secrétaire général de l'ONU. Il a promis d'être «étroitement et personnellement engagé» dans le dossier.

La conférence des donateurs dimanche à Rangoun a permis la promesse de trente millions de dollars pour la reconstruction, selon un décompte provisoire de l'ONU. Cette somme s'ajoute aux cent millions déjà offerts. La plupart des donateurs occidentaux conditionnent cette aide à l'ouverture de la zone sinistrée.

Au cas par cas

Le premier ministre birman Thein Sein, sans faire machine arrière par rapport à l'engagement du généralissime Than Shwe, a été plus que prudent lundi sur les humanitaires étrangers.

Il a dit que la Birmanie «examinerait la possibilité» de les laisser venir, au cas par cas, «s'ils souhaitent s'engager dans le travail de reconstruction et de réhabilitation, en fonction de nos priorités».

Les barrages routiers restent par ailleurs maintenus sur les routes menant au delta de l'Irrawaddy. Trois semaines après la catastrophe, les Nations unies estiment que les trois quarts des sinistrés n'ont encore reçu aucune aide.

Consitution approuvée

Au plan politique, la junte a affirmé que sa Constitution avait été approuvée par 92,48% des électeurs, avec une participation de 98%, lors d'un référendum qui s'est tenu en deux temps, le 10 puis le 24 mai.

Des résultats qui n'ont fait qu'alimenter les doutes quant à la crédibilité de la «feuille de route vers la démocratie» des généraux, qui doit conduire à des élections en 2010. La prolongation, attendue ces prochains jours, de l'assignation à résidence d'Aung San suu Kyi, chef de file de l'opposition, ne devrait pas les apaiser. (ats)

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