Actualisé 21.11.2018 à 11:33

TadjikistanCyclotouriste suisse tué: perpétuité pour un accusé

Mercredi, l'homme qui avait tué quatre touristes occidentaux, dont un Suisse, a écopé de la prison à vie.

Un Suisse avait notamment été tué, mais sa compagne avait survécu.

Un Suisse avait notamment été tué, mais sa compagne avait survécu.

Photo du blog du couple

La justice tadjike a condamné mercredi à la prison à perpétuité un homme ayant prêté allégeance au groupe djihadiste, Etat islamique (EI) considéré comme le meneur du gang armé qui avait assassiné en juillet quatre cyclotouristes occidentaux dans ce pays d'Asie centrale.

Hussein A, 33 ans, «a été condamné à la prison à la perpétuité», a indiqué à l'AFP une source à la Cour suprême, confirmant des propos d'un avocat à la sortie de l'audience. Il a été reconnu coupable de neufs chefs d'accusation dont le terrorisme.

Son procès s'était ouvert le 23 octobre dans le centre de détention de haute sécurité où l'homme est emprisonné. Présente à la sortie de la prison, sa mère Goultchekhra C. a aussitôt annoncé vouloir interjeter l'appel: «Je ne suis pas satisfaite du jugement du tribunal», a-t-elle dit aux journalistes présents.

Tadjikistan: Attaque du groupe de touristes

Un Suisse figure parmi les quatre cyclistes étrangers tués dimanche, fauchés par une voiture. Ils ont été attaqués par des hommes armés et non victimes d'un accident.

Un Suisse parmi les victimes

Après son arrestation, Hussein A. avait avoué avoir tué, avec d'autres hommes armés, les Américains Jay A. et Lauren G., le Néerlandais René W et le Suisse Markus H., venus au Tadjikistan parcourir la célèbre route du Pamir dans les montagnes d'Asie centrale.

Les touristes avaient été fauchés fin juillet par une voiture et attaqués par des hommes armés dans la région de Danghara, à 150 kilomètres au sud de la capitale Douchanbé. Une Suisse et un Néerlandais avaient également été blessés, tandis qu'un touriste français s'en était sorti indemne.

Mesures contre l'extrémisme

Outre Hussein A., deux accusés ont été condamnés à des peines de 16 ans de prison pour participation à une groupe criminel et extrémiste. Onze autres ont été condamnés à des peines atteignant un an et demi de prison pour ne pas avoir fourni des informations qui auraient pu empêcher l'attaque tandis qu'une femme, enceinte, a vu son procès reporté.

Quatre complices présumés de Hussein A. avaient été tués lors d'une opération de police. L'EI a revendiqué cette attaque et diffusé une vidéo dans laquelle Hussein Abdussamadov et ses quatre complices présumés prêtent allégeance à l'organisation djihadiste, .

Les autorités tadjikes mettent pour leur part en cause le parti d'opposition de la Renaissance islamique, interdit depuis 2015, qui avait rejeté toute implication. Selon la source de la Cour Suprême interrogée par l'AFP mercredi après le procès, Hussein A. était un membre du parti de la Renaissance islamique, mais a combattu «du côté de l'Etat islamique» en Irak et Syrie, sans fournir plus de détails.

Lutte contre l'intégrisme

Le Tadjikistan, un pays laïc dont la population est majoritairement sunnite, a fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité. Les autorités de ce pays voisin de l'Afghanistan estiment que près de 1900 Tadjiks ont rejoint les djihadistes en Irak et en Syrie.

Elles ont pris en 2015 des mesures radicales pour contrer l'influence des extrémistes religieux, parmi lesquelles le rasage forcé des barbes et une campagne contre le port du hijab.

Les autorités ont aussi interdit le parti de la Renaissance islamique, alors seul parti islamique légal dans le pays, l'accusant d'avoir cherché à instaurer un «Etat islamique» au Tadjikistan.

Début novembre, une émeute dans une prison abritant des combattants de l'EI, «déclenchée» selon des sources sécuritaires par un «ancien membre» de l'organisation djihadiste, , a fait au moins 26 morts. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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