29.07.2016 à 17:09

Scandale VolkswagenD'autres constructeurs avec des logiciels «tricheurs»?

Des experts français estiment ne pas pouvoir exclure que d'autres constructeurs de voitures diesel aient recours à des logiciels tricheurs.

La commission française créée après le scandale Volkswagen des moteurs diesel truqués a livré son verdict vendredi. Elle n'exclut pas que d'autres constructeurs recourent à des logiciels «tricheurs».

Dans son rapport final compilant les tests de 86 véhicules prélevés de manière aléatoire, cette commission indépendante a aussi noté de «nombreux dépassements» des seuils retenus. Mais ces informations avaient déjà filtré lors de points d'étape.

«Ecarts importants»

La commission affirme que certains engins présentent des «écarts importants» en conditions d'homologation. Et elle appelle à de nouveaux tests «afin d'évaluer s'ils ne doivent pas faire l'objet d'un retrait de leur certificat d'homologation».

Les travaux, qui se sont appuyés sur des tests effectués par l'organisme UTAC-Ceram, visaient «à faire toute la transparence sur les pratiques de l'industrie automobile et à restaurer la confiance des consommateurs», selon Ségolène Royal, ministre de l'environnement qui a installé la commission.

Alors que Volkswagen a avoué en septembre 2015 avoir installé sur des engins diesel un logiciel de gestion moteur destiné à tromper les tests d'homologation en réduisant temporairement les émissions polluantes, les autres constructeurs se sont défendus d'avoir recours à ce dispositif prohibé par les réglementations européenne et américaine.

Mais les experts ont relevé dans leur rapport qu'«il n'a pas été possible d'avoir accès à l'ensemble des logiciels embarqués, et donc aucune analyse des logiciels n'a été effectuée». «La commission ne peut donc pas se prononcer définitivement sur la présence ou l'absence de logiciels tricheurs dans les véhicules testés», ajoutent-ils.

Même sans accès à ces programmes, les tests ont «décelé un nombre important d'anomalies», qu'il s'agisse des émissions de CO2 ou d'oxydes d'azote (NOx), vis-à-vis des seuils que la commission avait fixés. Décriées pour leur obsolescence, les normes européennes actuelles, dites NEDC, vont être remplacées à l'horizon 2017 par un nouveau protocole (WLTP), censé être plus pertinent.

Anomalie pour un tiers des engins

Concrètement, l'UTAC-Ceram a testé les 86 véhicules (85 diesels et un essence, pour référence) de trois manières «dans des conditions différant légèrement de celles de l'homologation afin de leurrer, et ainsi de détecter» un dispositif frauduleux. A chaque fois, elle a ajouté un seuil de tolérance.

Sur les 85 véhicules, environ un tiers (de 24 à 28) s'est ainsi retrouvé «en anomalie» vis-à-vis des seuils de NOx, selon les trois tests. Un phénomène encore plus marqué sur le CO2 (mesuré lors de deux tests), dont 39 et 47 véhicules dépassaient les seuils.

Parmi les plus «mauvais élèves» lors du premier test sur le NOx au sein des voitures homologuées «Euro 6», la norme la plus récente, figurent la Fiat 500X, la Renault Talisman et le Nissan Qashqai. On retrouve la Fiat en queue de classement Euro 6 pour le premier test de CO2. La Volvo V40 et la Skoda Fabia la précèdent. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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