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Affaire Kampusch - Partie ID'un cauchemar à l'autre

Natascha a connu une enfance tourmentée, ballottée entre une mère violente et un père alcoolique. Suivez la saga de Natascha Kampusch sur 20 minutes online.

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kle/feb/mgi/jou

Natascha Kampusch n'a pas eu une enfance des plus heureuses. Lorsque la jeune fille parle de sa jeunesse, les termes de «conflit», «douleur» ou «détresse» reviennent de façon récurrente. A la maison, elle estime avoir manqué de sécurité et de stabilité. Comme elle l'explique dans sa biographie, «3096 jours», la séparation de ses parents, cinq ans avant son enlèvement, a provoqué un changement dans l'attitude de sa mère.

Brigitta Sirny a en effet transféré sa frustration sur sa petite fille. Natascha dit avoir subi une forme quotidienne de violence, notamment par une «combinaison fatale d'oppressions verbale et classique, à savoir les claques. Elle m'a montré qu'en tant qu'enfant, j'étais la plus faible.»

Les rapports issus des interrogatoires menés par la police attestent également, à travers certains témoignages, que la petite Natascha était battue régulièrement par sa mère. Souvent seule dans l'appartement familial, la petite était parfois prise en charge par sa voisine Brigitte Weber. Lors d'une audition qui a fait suite à la disparition de Natascha, la voisine s'est rappelée avoir découvert une coupure d'environ 15 centimètres le long du dos de la jeune fille. Sa mère lui aurait infligé cette blessure lors d'une crise de colère durant laquelle elle avait fracassé la plaque en verre d'une table de séjour.

Etranges clichés

Outre un passé marqué par la violence, une série de clichés particulièrement étranges montrent Natascha dans des poses perverses. Sur l'une des images, la petite est couchée dans une position de diva, avec pour seuls habits une étole de fourrure, des bottes cavalières qui lui montent au-dessus des genoux, et un fouet. «Ce ne sont pas des images que l'on classerait dans les photos de famille traditionnelles», commente le député autrichien Werner Amon, directeur de la sous-commission parlementaire responsable de l'affaire Kampusch. De son côté, Johann Rzeszut, ancien président de la Cour suprême à Vienne, en convient. «Ce sont des photos d'enfant qui vont au-delà du cadre acceptable.»

De Sirny à Koch, de Koch à Kampusch

Natascha Kampusch vient au monde dans une structure familiale passablement éclatée. La mère, alors âgée de 38 ans, a déjà deux filles issues de son premier mariage avec Johann Sirny, à savoir Claudia, 20 ans, et Sabine, 16 ans. En 1970, Brigitta Sirny divorce pour épouser le frère de son premier époux, Herbert Sirny. Puis elle habitera avec Ludwig Koch, dans un bâtiment simple, en dalles. C'est de cette dernière relation inattendue qu'est née Natascha, le 17 février 1988. L'enfant illégitime porte le nom de famille Kampusch, le patronyme de Brigitta.

«Ma mère ne s'attendait pas à retomber enceinte», explique Natascha dans son livre. Son père, Ludwig Koch, avait repris la boulangerie de son père et menait un train de vie chaotique. «La nuit, il arpentait les bars en compagnie de ses amis, et lorsque le réveil sonnait, vers deux heures du matin, il lui était difficile de rester éveillé. La journée, il gisait ronflant sur le canapé pendant des heures», explique encore la jeune fille. «Ses problèmes d'alcool étaient connus de tout le quartier.»

L'enlèvement, une rédemption?

Après leur séparation, Ludwig Koch ne verra sa fille que pendant le week-end. La fillette se sent rejetée par ses parents et compense par la nourriture. Le père emmène souvent sa fille en Hongrie, où il possède un petit chalet. La demi-soeur de Natascha, Claudia, affirmera plus tard lors d'un interrogatoire que le père emmenait la petite dans des clubs de strip-tease avec lui.

Peu avant le kidnapping, en fin de semaine, la situation se durcit encore au sein de la famille. Alors qu'il avait emmené une fois de plus Natascha en Hongrie, Ludwig Koch revient avec du retard à Vienne. Un imprévu qui provoque l'ire de Brigitta Sirny, qu'elle laisse éclater en présence de sa fille. «La colère que m'a mère éprouvait contre mon père s'est retournée une fois de plus contre moi», écrit Natascha Kampusch.

Une théorie délicate

Brigitta Sirny ne reverra sa fille que 3108 jours plus tard - Natascha laissera passer près de deux semaines avant de revoir ses parents, après sa fuite. Dans une interview, elle ira même jusqu'à classer sa famille en troisième position sur l'échelle de la confiance qu'elle accorde aux gens,«après le Dr. Frederik et mon psychologue».

Son évasion, survenue quatre mois après son 18ème anniversaire, «ne serait pas un hasard», selon des sources proches de la jeune fille. Elle aurait en effet attendu d'être majeure pour échapper à l'emprise de Priklopil. «Elle savait que si elle fuyait avant, elle serait soit placée dans un foyer, soit contrainte de rejoindre sa terrible famille», affirme à «20 minutes» une source ayant des liens étroits avec la police et qui souhaite garder l'anonymat. «C'est pourquoi certains ont pensé qu'elle restait auprès de son ravisseur de son plein gré».

Huit ans de calvaire

Le récit avait frappé de stupeur l’Autriche et le monde entier. En 2006, la jeune Natascha Kampusch s’échappe d’une cave de Strasshof, près de Vienne. Tous la croient morte. Elle a 18 ans, dont huit passés à la merci de Wolfgang Priklopil. C’est cet homme qui l’a enlevée un jour de 1998, alors qu’elle se rendait à l’école. Le soir même de l’évasion, le corps de l’électricien de 44 ans est retrouvé sur une voie de chemin de fer. La jeune femme a raconté son calvaire dans le livre «3096 jours».

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