Actualisé 20.12.2011 à 05:44

Syrie

Damas accepte la venue d'observateurs

La Syrie a accepté officiellement lundi l'envoi d'observateurs arabes dans le pays.

Après une valse-hésitation de plusieurs semaines, la Syrie a formellement accepté lundi la venue d'observateurs arabes dans le pays. Le feu vert de Damas a été jugé immédiatement par l'opposition comme une «manoeuvre» pour gagner du temps.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal al-Maqdad a signé au Caire un document autorisant la venue d'observateurs, dans le cadre d'un plan de sortie de crise mis au point par la Ligue arabe. Damas avait déjà accepté «sans réserves» un tel plan, sans jamais pour autant l'appliquer.

A Damas, le chef de la diplomatie Walid Mouallem a assuré que les observateurs arabes étaient «les bienvenus» en Syrie, lors d'une conférence de presse.

«La signature du protocole est le début d'une coopération entre nous et la Ligue arabe. Nous accueillerons avec satisfaction la délégation des observateurs», a-t-il poursuivi. Et d'ajouter que «cet accord sera renouvelé dans un mois si les deux parties en sont d'accord».

Le secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi a annoncé qu'une première délégation se rendrait en éclaireur à Damas sous trois jours. Elle sera «composée d'observateurs de la sécurité, du droit et de l'administration», a déclaré M. Arabi. Il a précisé que des équipes incluant des experts des droits de l'homme suivraient.

Une manoeuvre», pour le CNS

Les rapports des observateurs «seront envoyés au secrétaire général de la Ligue arabe et à moi-même», a indiqué le chef de la diplomatie syrienne. «Nous en discuterons par téléphone avant toute prise de décision», a expliqué M. Mouallem, précisant que cela faisait partie des demandes syriennes.

Les observateurs pourront «accéder aux points chauds mais pas aux points militaires sensibles». M. Mouallem a affirmé que son pays n'avait accepté de signer ce protocole que parce que le texte respectait sa «souveraineté». «Dans ce protocole, nous parlons de protéger les civils contre les groupes terroristes», a-t-il ajouté.

«De nombreux pays dans le monde ne veulent pas reconnaître la présence de groupes terroristes armés en Syrie. Ils vont venir et ils vont voir qu'ils sont présents. Nous ne devons absolument pas avoir peur», a encore déclaré M. Mouallem.

Moscou surprend

Mais à Tunis, le chef du Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la majorité des courants de l'opposition syrienne, a émis des doutes sur les intentions de Damas. Burhan Ghalioun estime que «le régime syrien manoeuvre pour empêcher que le dossier syrien soit soumis devant le Conseil de sécurité des Nations unies (...). Ils n'ont aucune intention d'appliquer une quelconque initiative».

Le Conseil souhaite en outre l'intervention de forces arabes si Damas poursuit la répression violente, a encore déclaré M. Ghalioun. «Nous réclamons la protection des civils, des insurgés et l'instauration de zones protégées et sécurisées», a ajouté M. Ghalioun.

Jeudi, la Russie a créé la surprise en proposant une résolution condamnant les violences commises «par toutes les parties» syriennes. «Il n'y a aucun changement dans la position russe. Il y a une coordination quotidienne avec les dirigeants russes. Ils ont conseillé à la Syrie de signer le protocole et nous l'avons fait», a pourtant affirmé M. Mouallem.

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté de son côté une résolution condamnant la situation des droits de l'homme dans le pays. L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a qualifié la résolution de complot «démoniaque» contre la Syrie.

Une blogueuse libérée

Sur le terrain, treize civils auraient été tués lundi par les forces de sécurité en Syrie dans quatre villes, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.

Toujours dans la province d'Idleb, des dizaines de déserteurs auraient été tués sous des tirs de mitrailleuses alors qu'ils tentaient de fuir leurs postes, l'OSDH, qui avait fait état plus tôt de la mort de trois soldats de l'armée régulière dans des affrontements avec des déserteurs à Kansafra.

Par ailleurs, la blogueuse américano-syrienne Razan Ghazzawi, incarcérée depuis deux semaines par le régime syrien, a été libérée tard dimanche soir, a annoncé le Centre syrien pour l'information et la liberté d'expression, pour lequel elle travaille. (ats)

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