Syrie: Damas accuse les Etats-Unis d'ingérence
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SyrieDamas accuse les Etats-Unis d'ingérence

Le régime syrien a accusé mercredi les Etats-Unis de s'ingérer dans la mission des observateurs arabes sur son sol. L'opposition, elle, a démenti tout retrait des forces de sécurité.

«Les déclarations américaines sont offensantes pour la Ligue arabe (...) Il s'agit d'une ingérence flagrante dans la (mission) de la Ligue arabe, et une tentative injustifiée pour internationaliser» la crise, a affirmé le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdessi dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont estimé mardi que la Syrie n'avait pas respecté ses engagements vis-à-vis de la Ligue arabe et qu'il était «largement temps» pour le Conseil de sécurité de l'ONU d'agir pour «soutenir les aspirations légitimes des Syriens».

«La Syrie ne va pas rendre compte aux Etats-Unis du niveau de son engagement dans le protocole de la Ligue arabe», a répliqué M. Makdessi accusant Washington d'«attiser la violence», avant la présentation samedi à la Ligue arabe des résultats de la mission des observateurs.

Pas de progrès

Une mission d'observation de la Ligue est arrivée la semaine dernière en Syrie pour vérifier l'application d'un plan visant à résoudre la crise. Approuvé par le président Bachar al-Assad, il prévoit notamment le retrait de l'armée des villes, la libération des prisonniers politiques et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

«Nous n'observons pas de libération de prisonniers ou de véritable retrait de la présence militaire des rues», a toutefois déclaré mercredi Rami Abdelrahman, président de l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.

Selon des militants de l'opposition des villes d'Idlib (nord), de Homs (centre) et de Deera (sud), l'armée syrienne a dissimulé des mitrailleuses dans des tranchées et a remplacé les chars par des véhicules blindés de la police.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, avait pourtant déclaré lundi que l'armée syrienne s'était retirée des villes pour se redéployer dans les faubourgs.

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, de 130 à 390 personnes ont été tuées depuis l'arrivée de la mission d'observation arabe le 26 décembre. Quatre civils ont encore été tués mercredi à Homs et un autre à Hama (centre), selon l'OSDH.

Opposition divisée

Sur le plan politique, l'opposition peine à s'entendre pour constituer un front uni. Mardi, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a démenti avoir conclu un accord avec le Comité national pour le changement démocratique (CNCD), un autre groupe de l'opposition.

Samedi, le CNCD avait annoncé dans un communiqué la signature d'un accord politique «définissant les principes de la lutte démocratique pour la période de transition» en Syrie.

Selon des analystes, les principaux points de désaccord entre ces deux formations portent sur une éventuelle intervention militaire étrangère en Syrie et sur le soutien à l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs.

Une personnalité de l'opposition a déploré mercredi «les divisions» de l'opposition. «Il faut du temps avant de voir l'opposition s'unir. Si elle l'était, le régime serait tombé l'été dernier», a-t-elle dit.

«Nous sommes condamnés à nous entendre tôt ou tard car la situation dans le pays ne supporte point l'absence d'une stratégie et d'une vision communes de l'opposition syrienne», a affirmé Haytham Manna, responsable du CNCD à l'étranger.

Iraniens enlevés

L'Iran a par ailleurs réclamé la libération de sept de ses ressortissants enlevés en décembre près de Homs, selon les médias iraniens. Il a demandé aux «instances internationales» d'aider à la libération de ces ingénieurs du groupe Mapna, une importante société spécialisée dans la construction de centrales électriques.

Un groupe jusque-là inconnu, le «Mouvement contre l'expansion chiite en Syrie», a revendiqué mardi leur enlèvement.

(ats)

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