Syrie : Damas appelle les opposants à se rendre
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Syrie Damas appelle les opposants à se rendre

Damas laisse aux opposants au président Bachar al-Assad une semaine à compter de samedi pour se rendre aux autorités et bénéficier d'une amnistie.

Entre-temps, la répression continue de s'abattre sur les manifestants hostiles au régime, malgré l'acceptation par ce dernier du plan de paix de la Ligue arabe.

«Le ministère de l'Intérieur appelle les citoyens transportant, vendant, livrant ou finançant des armes et n'ayant pas commis de crimes, à se rendre au commissariat le plus proche», a annoncé vendredi la télévision d'Etat. Le ministère «assure à ceux qui se rendront qu'ils seront immédiatement libérés dans le cadre d'une amnistie générale».

Les Etats-Unis ont conseillé aux Syriens de ne pas se rendre à la police du régime malgré la promesse d'amnistie. «C'est la quatrième promesse d'amnistie qu'ils font depuis que je suis arrivée à mon poste il y a cinq mois», a souligné la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Bachar al-Assad est confronté depuis mi-mars à un mouvement de contestation sans précédent de son régime. Selon les estimations de l'ONU, la répression des manifestations a fait plus de 3000 morts.

Plan arabe

Cette répression meurtrière s'est poursuivie vendredi. Quatorze personnes auraient été tuées par les forces de sécurité dans plusieurs villes où d'importants rassemblements ont eu lieu «contre les despotes et les tyrans» à l'appel des militants pro-démocratie, qui doutent de la volonté de Damas d'appliquer le plan arabe de sortie de crise.

Accepté mercredi «sans réserves» par le régime, ce plan prévoit un arrêt total des violences, la libération des personnes arrêtées dans le cadre de la répression, le départ de l'armée des villes et la libre circulation des observateurs et médias internationaux, avant l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition.

Nouveaux morts

Cinq civils ont péri à Homs (centre), un des bastions de la révolte: deux lors de tirs nourris à la mitrailleuse lourde, deux autres lors de la dispersion d'une manifestation, et un cinquième abattu par un tireur embusqué, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.

A Hama, au nord de Homs, deux civils auraient perdu la vie tués sous les balles de tireurs embusqués. Et dans la province de Damas, les forces de l'ordre auraient abattu tué quatre manifestants, selon la même source.

En outre, deux Syriens, un civil et un soldat déserteur, auraient été tués dans la matinée par les forces de l'ordre dans la région de Tal-Chihab, à la frontière avec la Jordanie, alors qu'ils tentaient de quitter le pays, toujours selon l'OSDH.

Dans les villes côtières de Banias et de Lattaquié, les forces de sécurité ont encerclé plusieurs mosquées pour empêcher les fidèles de se rassembler. En Syrie, les manifestations ont lieu en général à la sortie des mosquées après la grande prière du vendredi.

Dans le même temps, des dizaines de personnes ont été arrêtées à Banias, dont quatre enfants appartenant à la famille proche de Rami Abdel Rahmane, le président de l'OSDH, a affirmé ce dernier.

Vers un conflit interreligieux ?

Ces dernières scènes de violence illustrent la difficulté d'instaurer le plan de paix de la Ligue arabe.

En outre, on craint désormais que l'insurrection vire à un conflit interreligieux. Cette semaine, des violences ont visé des membres de la minorité alaouite, à laquelle appartient Bachar al-Assad. Ils ont répliqué en s'attaquant à des sunnites, qui représentent la majorité des 20 millions de Syriens.

Les opposants au régime estiment que seule une démission de Bachar al-Assad peut restaurer la paix dans le pays. La France a elle estimé que la poursuite de la répression renforçait les doutes «quant à la sincérité du régime syrien» face à l'initiative arabe.

Au Liban voisin, le premier ministre Najib Mikati, dont le gouvernement est dominé par le Hezbollah, un allié de Damas, a reconnu des «cas individuels» d'enlèvements d'opposants syriens dans le pays.

(ats)

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