Syrie : Damas doit encore évacuer 8% d'armes chimique
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Syrie Damas doit encore évacuer 8% d'armes chimique

Le régime syrien a encore 8% de son arsenal chimique à évacuer pour respecter ses engagements relatifs à la convention sur les armes chimiques, a annoncé l'ONU dimanche.

L'opération d'évacuation des armes chimiques de Syrie a connu un nouveau retard, le régime devant encore remettre 8% de son arsenal qu'il avait promis de livrer au plus tard dimanche.

Damas poursuit en outre ses préparatifs pour la présidentielle du 3 juin. Il a annoncé quatre nouveaux candidats pour ce scrutin, qualifié de «parodie de la démocratie» par l'opposition et l'Occident.

A l'expiration dimanche du délai pour l'évacuation de la totalité des armes chimiques, la chef de la mission conjointe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l'ONU, Sigrid Kaag, a appelé le régime à respecter ses engagements.

Il reste «7,5 à 8% du matériel d'armes chimiques (...) encore dans le pays, sur un site spécifique», a-t-elle dit en précisant que le problème était d'y «accéder». «Près de 6,5% doivent être évacués (pour être détruits à l'extérieur du pays)», tandis qu'un «petit pourcentage» doit être détruit sur place.

Echéance du 30 juin

Mme Kaag a espéré que l'«échéance du 30 juin sera respectée» pour la destruction de l'arsenal chimique syrien, conformément à un plan de désarmement mis au point après un accord russo-américain.

Selon le programme initial de désarmement, le régime devait avoir évacué 700 tonnes d'agents chimiques de catégorie 1 et 500 tonnes d'agents de catégorie 2, pour le 31 décembre et le 5 février respectivement. Après avoir manqué les échéances de plusieurs mois, il s'était engagé à achever l'évacuation pour ce dimanche.

Retard volontaire suspecté

Pour justifier les retards, le pouvoir syrien avait évoqué le manque de sécurité en raison de la guerre. Mais les puissances occidentales l'accusent de ralentir volontairement le processus.

Mme Kaag a refusé de se prononcer sur les accusations françaises et américaines, réfutées par Moscou - un allié de Damas - sur l'utilisation récente contre un bastion rebelle d'armes chimiques par le régime, «probablement du chlore», affirmant que cela ne relevait pas du mandat de l'OIAC.

Les armes conventionnelles continuent elles leur ravages, encore plus meurtriers. Dimanche, au moins 21 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées par les tirs des rebelles sur des quartiers pro-régime d'Alep (nord), rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'ancienne capitale économique est divisée depuis l'été 2012 entre les quartiers tenus par le régime et ceux contrôlés par les rebelles.

Les secteurs rebelles, à Alep comme dans sa province, sont soumis depuis mi-décembre à des bombardements aériens qui ont fait des centaines de morts. Les attaques aux barils d'explosifs menées par les forces gouvernementales, et dénoncées par la communauté internationale, ont elle fait encore six morts dans la journée, selon l'OSDH.

Election présidentielle

Le gouvernement syrien continue en outre les préparatifs en vue d'une élection présidentielle dans les zones sous son contrôle. Le Parlement a annoncé quatre nouveaux candidats, alors que le délai pour le dépôt des candidatures expire jeudi.

Au pouvoir depuis 2000 après le décès de son père, le président Bachar al-Assad n'a pas encore présenté sa candidature pour ce scrutin, qui doit aboutir sans surprise à sa réélection.

Le nombre de candidats s'élève désormais à six, tous peu connus du public.

Opération irakienne en Syrie

Des hélicoptères irakiens ont de leur côté tiré dimanche sur un convoi djihadiste en territoire syrien pour l'empêcher d'entrer en Irak, tuant huit personnes. C'est la première fois que les autorités irakiennes revendiquent une attaque contre des djihadistes en Syrie.

Le convoi de camions s'approchait de la frontière irakienne pour «délivrer (en Irak) du carburant à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL)», groupuscule sunnite djihadiste, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé Saad Maan.

La porosité des 600 kilomètres de frontière qui séparent l'Irak de la Syrie a profité aux djihadistes de l'EIIL, qui ont fait de la région irakienne frontalière d'Al-Anbar leur base arrière.

Né en Irak après l'invasion américaine de 2003 et apparu en Syrie au printemps 2013, l'EIIL est haï par le reste de la rébellion syrienne à cause de la brutalité de ses méthodes à l'encontre des civils et son refus de coopérer avec les autres groupes dans la lutte contre le régime. (afp)

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