Actualisé 01.12.2017 à 15:38

GenèveDamas menace de se retirer des négociations

Le gouvernement syrien doit décider ce week-end s'il revient la semaine prochaine pour continuer le processus de Genève.

Bachar Al-Jaafari, chef de la délégation du gouvernement syrien, menace de mettre fin aux négociations.

Bachar Al-Jaafari, chef de la délégation du gouvernement syrien, menace de mettre fin aux négociations.

Keystone

La délégation du gouvernement syrien aux pourparlers de Genève n'accepte toujours pas la déclaration lancée à Ryad par l'opposition. Vendredi, elle a menacé de se retirer du processus, mais Damas décidera ce week-end si elle revient la semaine prochaine.

«Pour nous», cette huitième série de pourparlers «est terminée», a dit devant la presse le chef de la délégation, l'ambassadeur syrien à l'ONU à New York Bachar al-Jaafari. «Aussi longtemps que l'autre partie se tiendra à sa déclaration de Ryad, il n'y aura aucune avancée», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, l'opposition désormais unifiée au sein de la Commission syrienne pour les négociations (CSN) avait maintenu sa revendication d'une Syrie sans le président Bachar el-Assad après sa réunion en Arabie saoudite. Ce «langage» constitue un problème, selon M. al-Jaafari. Parce qu'il établit des «préconditions».

Et il ramène «en arrière», «à l'époque de Brahimi» (NDLR, du nom du précédent médiateur sur la Syrie Lakhdar Brahimi en poste de 2012 jusqu'à il y a trois ans), plutôt que de faire avancer les discussions, a dit M. al-Jaafari.

«Irresponsable» pour la CSN

L'ambassadeur syrien, qui a à nouveau rencontré vendredi l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura, a qualifié l'opposition de «provocatrice» et «irresponsable». En réaction à la déclaration de Ryad, la délégation du gouvernement avait décalé d'un jour sa venue à Genève. Son allié russe l'avait toutefois convaincue de faire le déplacement.

Plus tard, en arrivant à sa rencontre avec l'émissaire de l'ONU, l'opposition syrienne a renvoyé au gouvernement ses critiques. Elle veut poursuivre sa participation, a affirmé son porte-parole Yehia al-Aridi.

«Ne pas revenir» serait «une précondition en soi», a-t-il ajouté en ciblant le régime. Interrogé sur la représentativité de sa délégation unifiée de 50 opposants, M. al-Aridi a souligné que même si tous les Syriens venaient aux négociations, «cela ne serait pas satisfaisant» pour le gouvernement «irresponsable».

Jeudi, M. de Mistura avait annoncé vouloir capitaliser sur le report de la conférence parallèle entre Syriens souhaitée par la Russie à Sotchi. Il souhaite prolonger les pourparlers jusqu'au 15 décembre.

Chine prête à contribuer

Il avait aussi nuancé l'importance d'un dialogue direct entre les deux parties. Et s'était félicité d'avoir pu faire la navette entre elles dans deux salles séparées de «5 mètres». Mais ce format n'a pas été reconduit vendredi et les délégations ne l'ont pas rencontré dans le même temps.

Sur le fond, l'émissaire a confirmé que les discussions dans cette série portaient avant tout sur une nouvelle Constitution et des élections contrôlées par l'ONU. Les dispositions communes entre délégations «existent» et pourraient «oeuvrer comme point d'entrée pour d'authentiques discussions de réconciliation», selon lui.

A Genève également, l'émissaire chinois pour la Syrie a indiqué vendredi à quelques journalistes que son pays était «prêt» à contribuer à la reconstruction du pays. L'ONU estime cet effort à 250 milliards de dollars.

Sur le terrain, un hélicoptère du régime syrien a été abattu dans le sud-ouest du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En près de sept ans de conflit, les violences ont fait plus de 340'000 victimes. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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